Journée d'études
Date(s) : du 5 novembre 2026 10 h 30 au 5 novembre 2026 16 h 00
Lieu : Salle Georges Duby, MMSH - Aix-en-Provence
Organisateur(s) / trice(s) à TELEMMe :
Partenaires :
- Musée des Tissus et des Arts décoratifs de Lyon
PRÉSENTATION
L’emploi des métaux dans la création artistique soulève des questions à la croisée de l’histoire de l’art, de l’histoire des techniques et des sciences des matériaux. Qu’ils soient utilisés pour leurs propriétés physiques, leur éclat ou leur valeur symbolique, les métaux occupent une place essentielle dans la production des textiles, des objets d’art et de la peinture.
Cette journée d’études propose de croiser les approches historiques, matérielles et scientifiques afin de mieux comprendre les procédés de fabrication, les usages et les effets esthétiques des métaux dans les œuvres d’art. À partir d’études de cas, notamment issues des collections du musée des Tissus et des Arts décoratifs de Lyon, les interventions exploreront l’apport des analyses physico-chimiques à la connaissance du patrimoine, ainsi que les différentes manières de représenter, d’imiter ou de substituer les métaux précieux dans la création artistique.
Organisée dans le cadre du programme de recherche TEXTLAB, avec le soutien du CNRS à travers les programmes interdisciplinaires de la MITI, cette rencontre entend favoriser le dialogue entre chercheurs en sciences humaines, scientifiques du patrimoine et professionnels des musées.
PROGRAMME
10h30 – Introduction générale et présentation du corpus
- Marion FALAISE, directrice scientifique du musée des Tissus et des Arts décoratifs de Lyon
- Et Aziza GRIL-MARIOTTE
Session 1. Au croisement des sciences et des techniques pour étudier le patrimoine
11h – L’analyse physico-chimique au service des œuvres et objets d’art
Les laboratoires de physique et chimie exploitent des techniques d’analyse collectant de nombreuses informations sur les matériaux. Celles-ci permettent notamment d’identifier les matériaux ou encore d’évaluer leurs propriétés. Certaines de ces analyses peuvent être mises à contribution pour la caractérisation d’objets du patrimoine. Nous présenterons quelques cas d’analyses effectuées dans le domaine de l’art (peinture, bijoux et tissus) et les informations collectées.
- Laurence BOIS, chargée de recherche CNRS
- Davy CAROLE, maître de conférences, Laboratoire des Multimatériaux et Interfaces UMR 5615 CNRS / Université Lyon 1
11h30-12h30 table-ronde : le rôle des analyses dans l’étude des tissus anciens, entre recherche scientifique et diffusion, l’exemple du Pourpoint dit de Charles de Blois
- Véronique DE BUHREN, restauratrices du patrimoine
- Noémie MICHEL, chargée de conservation préventive
- Frédérine PRADIER, chargée d’études documentaires, Lyon, musée des Tissus et des Arts décoratifs
Discussions et échanges
13h-14h30 Pause déjeuner (repas pris sur place)
Session 2. De l’or dans les arts, de la représentation à l’imitation pour une approche matérielle et esthétique
14h30 – De la trame à la touche. Les procédés picturaux d’imitation de l’or textile en Italie à la Renaissance
Cette communication propose d’examiner la manière dont les peintres italiens de la Renaissance ont représenté les étoffes façonnées de fils d’or et de filés métalliques. Elle envisage la peinture comme l’espace d’une double transposition : celle d’un textile réel, dont la somptuosité est déterminée par sa structure tissée, et celle de l’or lui-même, dont l’éclat peut être suggéré par les seuls moyens de la couleur ou produit par l’introduction effective du métal précieux dans l’œuvre picturale.
- Pauline DESCHAMPS-KAHN, doctorante EPHE et C2RMF, ATER université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
15h – Jeu de dupe. Lecture matérielle de la stratégie de la dorure au XVIIIe siècle
Au XVIIIe siècle, la couleur et la brillance de l’or sont devenues des repères dans la société, impliquant pour tenir son rang de se fournir en dorure et en faire montre. Pour répondre à cette demande grandissante, les artisans vont développer de nombreux procédé pour limiter la quantité de métaux précieux, allant parfois jusqu’à produire du faux or. Les analyses physiques et chimiques permettent de comparer les procédés décrits dans les traités et leur mise en œuvre concrète à partir d’un corpus d’objets dorés conservés aujourd’hui.
- Eva ROBERT, doctorante AMU-École du Louvre, contractuelle à l’INHA et membre du programme de recherche AORUM
15h30-16h – Conclusion de la journée
Aziza GRIL-MARIOTTE

