Séminaire
Date(s) : du 4 novembre 2026 14 h 00 au 4 novembre 2026 16 h 30
Lieu : Salle Georges Duby, MMSH - Aix-en-Provence
Organisateur(s) / trice(s) à TELEMMe :
Groupe(s) organisateur(s) :
PROGRAMME
Le fleuve comme horizon : la mobilité des travailleurs du Rhône (XVIIe-XVIIIe siècles)
Cécile BOURNAT-QUÉRAT, UMR TELEMMe (AMU-CNRS)
Entrepreneuriat féminin, travail en famille et mobilité. L’itinéraire d’une marchande de modes dans l’Europe urbaine du XVIIIe siècle
Anne MONTENACH, UMR TELEMMe (AMU-CNRS)
Résumés
- Cécile BOURNAT-QUÉRAT, UMR TELEMMe (AMU-CNRS)
Le fleuve comme horizon : la mobilité des travailleurs du Rhône (XVIIe-XVIIIe siècles)
Aux XVIIe et XVIIIe siècles, le Rhône est un axe commercial majeur à plusieurs échelles : de nombreuses embarcations transitent sur le fleuve roi pour assurer l’acheminement des marchandises et garantir l’approvisionnement des villes. Elles sont conduites par des transporteurs professionnels qui se déplacent régulièrement entre l’amont et l’aval. La mobilité est une composante essentielle du quotidien des travailleurs du fleuve. Encadrée, celle-ci est conditionnée par les aléas et les caprices du Rhône. Les difficultés de navigation contribuent à resserrer les liens entre les travailleurs issus des différentes communautés batelières qui partagent le même espace de travail. Les voyages favorisent également les rencontres et créent de véritables opportunités, pouvant conduire à des formes d’ascension sociale, saisies à travers l’étude de trajectoires individuelles. L’objectif de cette communication est donc d’approcher la mobilité, tant géographique que sociale, des travailleurs du Rhône originaires de Condrieu, importante ville batelière située au sud de Lyon.
- Anne MONTENACH, UMR TELEMMe (AMU-CNRS)
Entrepreneuriat féminin, travail en famille et mobilité : l’itinéraire d’une marchande de modes dans l’Europe urbaine du XVIIIe siècle
Conservés à l’Archivio di Stato de Florence, les papiers de Françoise Belsent, marchande de modes à Turin puis à la cour du grand-duc de Toscane dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, regroupent, à côté d’autres documents commerciaux et d’écrits privés, plus de 400 lettres reçues par Françoise et sa mère, Michelle Sarez, elle aussi modiste. En mettant au jour le réseau européen de leurs fournisseurs et ses évolutions sur une trentaine d’années, cette riche correspondance vient éclairer les relations d’affaires que ces deux femmes entretiennent avec de grandes capitales comme avec des villes plus modestes. Au-delà de cette première cartographie marchande, dont l’analyse s’inscrit dans une histoire encore relativement timide de l’entrepreneuriat féminin à l’époque moderne, un faisceau d’indices présents dans le dossier florentin permet de pousser plus loin l’investigation et de reconstituer, sur trois générations, l’itinéraire européen d’une famille transnationale dans laquelle l’activité et la mobilité des femmes tiennent une place essentielle.

