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Imaginaires connectés. Art, numérique et réseaux en Méditerranée contemporaine

Sommaire de Tous Imari - Maïssane Alibrahimi © crédit photo : Mohammed Lakhdar

Journée d'études

Date(s) : du 22 mai 2023 9 h 00 au 22 mai 2026 17 h 00

Lieu : Iméra, 2 Place Leverrier, 13004 Marseille

Organisateur(s) / trice(s) à TELEMMe :

Groupe(s) organisateur(s) :

Partenaires :

  • Centre Norbert Élias
  • Chroniques

PRÉSENTATION

La Méditerranée, en tant que carrefour d’échanges, a toujours été un espace de grande richesse culturelle. Aujourd’hui, à l’ère du numérique, les technologies et les dynamiques de réseau transforment la création, la diffusion et la réception de l’art contemporain qui y est créé. Cette journée d’étude vise à explorer comment les outils et pratiques numériques façonnent de nouvelles narrations artistiques et de nouveaux imaginaires, facilitent des collaborations inédites et interrogent les réalités locales propres aux différents territoires du bassin méditerranéen.

Dans un monde globalisé, ces créations tout en s’inscrivant dans des réalités locales jouent souvent un rôle de miroir critique. Elles interrogent les enjeux sociaux, politiques et économiques propres aux différents territoires méditerranéens, abordant des thématiques majeures telles que les conflits, les inégalités ou les urgences environnementales. Les questions autour de l’identité occupent aussi une place importante au regard de l’appartenance à un lieu, à une communauté, à la diaspora, ou à la manière dont la Méditerranée façonne ces identités plurielles. Ces créations s’enracinent également dans des traditions culturelles fortes, où l’oralité, la narration, la matérialité et l’artisanat occupent une place centrale.

Cette journée est pensée comme une exploration des recherches, pratiques artistiques, initiatives et réseaux qui émergent autour des relations entre art et numérique en Méditerranée. En rassemblant chercheur·e·s, artistes, acteur·rice·s culturel·le·s et spécialistes du numérique, l’ambition est de révéler les écosystèmes créatifs en train de se construire, les alliances inédites déployées grâce aux technologies connectées, et la manière dont ces dynamiques reconfigurent les échanges culturels dans la région.

En interrogeant les réseaux académiques, artistiques, numériques ou institutionnels, cette journée envisage la Méditerranée en tant qu’espace relationnel en constante reconfiguration — où les pratiques numériques se déploient comme moyens de création, leviers de coopération, outils d’émancipation ou de résistance, ouvrant sur de nouvelles façons d’habiter, de raconter et de représenter le monde contemporain.

Organisation 

  • Jean-Paul Fourmentraux — Professeur des universités, Centre Norbert Elias
  • Mathilde Nourisson-Moncey — ATER, Laboratoire TELEMMe
  • Partenariat :  Structure CHRONIQUES

Informations complémentaires


PROGRAMME

9h – 9h30 Accueil café

9h30 – 10h Introduction de la journée d’étude

MATINÉE — Nouvelles formes artistiques & numériques en Méditerranée

10h Isabelle Arvers · Communication
Isabelle Arvers est une chercheuse, artiste et curatrice française dont la pratique explore les intersections entre art et jeux vidéo, avec un intérêt particulier pour le machinima et le piratage créatif. Pionnière du game art, elle a été commissaire de nombreuses expositions et festivals à travers le monde. Son travail s’inscrit dans des perspectives queer, féministes et décoloniales. Elle dirige l’association Kareron et a soutenu en 2024 une thèse sur la décolonisation de l’art et des jeux vidéo.

10h30 Maïssane Alibrahimi · Communication
Maïssane Alibrahimi est une artiste franco-marocaine dont la pratique interroge les rapports de pouvoir, les structures patriarcales et la construction de la féminité selon une perspective féministe et décoloniale. Puisant dans l’intimité du foyer, elle transforme matériaux domestiques et micro-rituels en sculptures, installations et performances machiniques, développant une esthétique du déséquilibre et de l’éphémère. Ses œuvres détournent ornements et symboles traditionnels pour en faire des espaces critiques d’émancipation. Diplômée de la Villa Arson et de l’IESA, elle vit entre Paris et Rabat.

11h Mounir Ayache · Communication
Mounir Ayache est un artiste franco-marocain basé à Marseille dont la pratique mobilise les nouvelles technologies pour explorer et reconfigurer les réalités politiques et sociales en Afrique du Nord, de l’Ouest et dans la région MENA, en les confrontant aux mythes et à l’histoire. Ses installations interactives mobilisent les techniques du jeu vidéo, du cinéma et de la sculpture. S’inscrivant dans l’Arabfuturisme – courant façonné par l’Afro futurisme des années 1990 – il recourt à des outils émergents pour brouiller les frontières entre art contemporain et divertissement.

11h30 Joan Grandjean · Communication
Joan Grandjean est historien de l’art et enseigne à l’université Rennes 2. Spécialiste de l’art moderne et contemporain de l’espace géoculturel arabe, ses recherches portent sur les intersections entre art contemporain, mondialisation et imaginaires du futur. Il a co-dirigé Photographie et politique, un double numéro de Tumultes, ainsi que le catalogue de l’exposition Arabofuturs : science-fiction et nouveaux imaginaires à l’Institut du monde arabe. Impliqué dans plusieurs réseaux de recherche, dont l’ARVIMM, il est également cofondateur de la plateforme Manazir.

APRÈS-MIDI — Réseaux et circulation

14h Afropean Intelligence Residency Program – Table ronde

Participants :
Mthethwa Khanya, chercheuse et artiste ; Chipo Mapondera, artiste ; Tamer Elshabrawy, artiste et compositeur ; Aymen Gharbi, directeur d’INTERFERENCE ; Ahmed Nagy, directeur B’sarya for Arts

Modération : Ilaria Bondavalli

La table ronde réunit plusieurs artistes en résidence dans le cadre du projet européen S+T+ARTS « Afropean Intelligence residency Program ». Soutenant dix artistes africains accueillis entre le Nigeria, l’Égypte, la Tunisie, l’Afrique du Sud et la RDC, ce dispositif explore les liens entre intelligences artificielles, traditions ancestrales et pratiques artistiques contemporaines. Les projets développés réinventent l’IA à partir de perspectives africaines, danse, son, rituels, cartographie, artisanat numérique, pour interroger les enjeux de mémoire, d’identité et de durabilité. La discussion mettra en lumière des formes de résistance créative et des épistémologies situées, repensant les rapports entre technologie, corps et culture.

15h15 Frontières méditerranéennes : arts, réseaux, (contre-)cartographie – Table ronde

Participants :
Fabrice Gallis, artiste et doctorant ; Anna Guilló, artiste et Professeure des universités ; Alexandre Grondeau, Professeur des universités en géographie et aménagement ; Julie Kretzschmar, metteur en scène et commissaire générale de la saison Méditerranée de l’Institut français

Modération : Jean-Paul Fourmentraux

Cette table ronde explorera la Méditerranée comme laboratoire d’expérimentations esthétiques et politiques à l’ère numérique. Il s’agit d’interroger les notions de réseau et de frontière, géographique, politique, culturelle, linguistique et technologique, à l’aune des pratiques artistiques. En préfiguration de la Biennale des Imaginaires Numériques consacrée aux Résistances, on explorera anti-atlas, contre-cartographies, récits et territoires alternatifs, dispositifs de sousveillance. Quel rôle joue l’écosystème numérique entre mémoire des migrations, héritages postcoloniaux et dynamiques diasporiques ? L’art peut-il devenir espace de résistance, d’hybridation et de dialogue interculturel ?

16h30 Conclusion de la journée d’étude


Crédits image : Sommaire de Tous Imari – Maïssane Alibrahimi © crédit photo : Mohammed Lakhdar