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Créations et circulations artistiques entre l’Algérie et la France (1930 à 1964) ; entre enjeux politiques et esthétiques

Mohammed Khadda, Hommage à Maurice Audin, 1960, 195 x 13 cm, Musée national des Beaux-Arts d'Alger

  • Aix-Marseille Université/ TELEMMe/ Département d’histoire de l’art et d’archéologie
  • La journée d’études se tiendra le 6 avril 2022 à la MMSH (Aix-en-Provence)
  • Date limite des propositions : 18 février 2022
  • Sous la direction scientifique de Gwenn Riou et Fadila Yahou

Cette journée d’étude a pour objectif d’interroger les enjeux esthétiques et politiques qui se manifestent dans le contexte de la colonisation et de la guerre d’indépendance algérienne.

Dans un premier temps, il est question de faire un état des lieux de la recherche afin de retracer au mieux cette période déterminante pour les arts en France et en Algérie.

Durant les années 1930, en Algérie, des intellectuels et artistes « libéraux » établissent des lieux culturels en dehors de la sphère étatique. Toute une vie culturelle s’organise autour d’eux et la génération de l’indépendance s’y forme. L’histoire et le rôle de ces relais artistiques dans la formation des jeunes artistes algériens restent à écrire.

De nombreux artistes algériens arrivent à Paris après la Seconde Guerre mondiale. Comment vivent-ils cet éloignement ? Quel impact a-t-il sur leurs créations artistiques ?

Nous savons qu’ils adoptent – dans leur grande majorité – un vocabulaire abstrait. Est-ce un moyen pour eux de se défaire de l’héritage figuratif de l’orientalisme ? En France, dès le milieu des années 1950, l’abstraction est remise en question. Elle est accusée d’être un nouvel académisme mais aussi un art du « non-dire[i] ». Les artistes qui l’adoptent éliminent-ils pour autant toute politisation ?

Dans un second temps, il s’agira de soulever des problématiques centrales : dans quelle mesure la (dé)colonisation a-t-elle influencé les arts contemporains ? Quels sont pour nous, historien·es de l’art, les outils pour étudier des pratiques artistiques sous domination ? Dans quelle mesure les arts « extra-occidentaux » sont-ils exclus du concept de « modernité » ? Quels sont les échanges par-delà les rives méditerranéennes ? Et quelles influences ont-ils eu sur l’Histoire de l’art ?

Les propositions de communications peuvent s’inscrire dans un ou plusieurs des axes de réflexion suivants :

  • L’enseignement artistique en Algérie

Les formations au sein des écoles des Beaux-Arts d’Oran, d’Alger et de Constantine peuvent faire l’objet d’interventions.

Nous pourrions aussi interroger l’existence d’ateliers et d’académies privés en Algérie. Qui les fondent ? Pour quel(s) public(s) ? Quel(s) enseignement(s) y sont dispensés, etc. ?

  • Lieux, personnalités, réseaux ; la circulation artistique par-delà la Méditerranée

Des communications se concentrant sur la presse, les artistes, critiques, galeristes, et collectionneurs qui œuvrent à la circulation artistique par-delà les rives méditerranéennes sont les bienvenues.

  • Le lien entre le monde de l’art et les organisations politiques

La question des artistes, galeristes, éditeurs et éditrices, critiques, etc. et leur(s) lien(s) avec le PCA, le PCF, le FLN etc. peut faire l’objet d’une étude.

  • Quel art pour dénoncer la colonisation ?

Le lien entre la facture de l’œuvre et sa dimension politique est un sujet qui mérite d’être approfondi. Au moment où le réalisme socialiste est remis en question par le PCF et alors que l’abstraction fait l’objet d’interrogations, une question se pose : quelle forme d’art est la plus à même de dénoncer la colonisation et la guerre ?

  • Les actrices du monde de l’art

Il serait également pertinent de retracer la présence et l’activité de femmes artistes, galeristes et critiques dans le contexte de la colonisation et de la guerre d’indépendance et sur les modalités de leurs contributions au champ artistique.

Les intervenant·es seront sélectionné·es sur la base d’un projet de communication. Les communications seront limitées à 20/25 minutes. Les propositions (3000 signes, espaces compris, bibliographie non comprise), accompagnées d’un bref curriculum vitae (une à deux pages) sont à envoyer avant le 18 février à l’adresse suivante : art.algerie.france@gmail.com

[i] Louis Aragon, « Le destin de l’art », l’Humanité, 27 septembre 1947, p. 4.