Séminaire
Date(s) : du 12 mars 2026 14 h 00 au 12 mars 2026 16 h 00
Lieu : Salle 101, MMSH, Aix-en-Provence
Organisateur(s) / trice(s) à TELEMMe :
Groupe(s) organisateur(s) :
PROGRAMME
Le travail des femmes dans les manufactures de sel du Jura aux XVIe et XVIIe siècles
Paul DELSALLE, Maître de conférences HDR émérite en histoire moderne, Université de Besançon-Franche-Comté
« Ouvrières infidèles à leurs maîtres » dans les fabriques textiles : détournements, contrebande des matières et divisions sexuelles du travail manufacturier entre le XVIIIe et le début du XIXe siècle
Renaud SEYFRIED, Université Paris 8-EHESS, IDHES
Résumés
- Paul DELSALLE, Maître de conférences HDR émérite en histoire moderne, Université de Besançon-Franche-Comté
Le travail des femmes dans les manufactures de sel du Jura aux XVIe et XVIIe siècles
Le sel avait une importance considérable dans la vie quotidienne puisqu’il permettait la conservation des aliments, notamment viandes et poissons. Dans le massif du Jura, il était produit à partir de sources souterraines d’eau très salées. Les principales salines se trouvaient à Salins, dans le comté de Bourgogne détenu par les Habsbourg. A l’époque de Charles Quint, la grande saline était une usine d’Etat tandis que la petite saline (appelée le puits à muire) appartenait à des rentiers privés, principalement ecclésiastiques. Ces deux établissements, situés au cœur de la ville, employaient environ un millier d’ouvriers et d’ouvrières, sans compter trois à quatre mille hommes, femmes et enfants chargés de fournir le bois utilisé comme combustible pour chauffer la muire (l’eau salée). Plusieurs centaines de femmes exerçaient des fonctions techniques très spécialisées et fort pénibles. Elles portaient une livrée, bénéficiaient d’un salaire élevé, et pouvaient, à la fin de leur vie de labeur, transmettre leur charge à leur fille ou à leur nièce. L’exposé sera centré sur le travail des femmes.
- Renaud SEYFRIED, Université Paris 8-EHESS, IDHES
« Ouvrières infidèles à leurs maîtres » dans les fabriques textiles : détournements, contrebande des matières et divisions sexuelles du travail manufacturier entre le XVIIIe et le début du XIXe siècle
Le phénomène des détournements et des récupérations par les ouvriers des matières confiées pour être travaillées, est un phénomène bien documenté dans les fabriques textiles de la première industrialisation (XVIIIe-milieu XIXe siècle) : ces pratiques ouvrières ont en effet donné lieu à des campagnes répressives régulières dans les territoires de la soie, de la laine mais aussi du coton. La composition de certains corpus répressifs a amené des historiennes (Daryl Hafter) et des historiens (Richard Soderlund) à considérer ces pratiques comme des pratiques spécifiquement féminines, ancrées dans un rôle spécifique dans les « économies d’expédients » des travailleurs proto-industriels (Richard Soderlund) ou dans des stratégies d’autonomie et de survie proprement féminines, au sein même des communautés ouvrières (Daryl Hafter). Cette communication a pour objectif de discuter ces hypothèses à partir d’une comparaison entre plusieurs fabriques textiles, soyeuses, lainières et cotonnières. On montrera que les pratiques d’appropriation, ainsi que de revente et réusages, ne sont pas spécifiquement féminines, mais que la place qu’y tiennent les femmes dépend de l’organisation du travail dans chaque fabrique et présente des constantes, révélatrices de leurs rôles spécifiques au sein des organisations productives.
