Marine Bally
Vingt-mille brevets sous les mers : les inventions subaquatiques et leurs inventeurs dans le fonds patrimonial de l’Institut national de la propriété industrielle (1791-1901)
Thèse de Doctorat en Histoire et Histoire de l’Art
Sous la direction de Daniel Faget et de Emilie d'Orgeix D.-E. (EPHE-PSL)
Bourse CIFRE
Mots clés : Brevets d’invention, Technologies subaquatiques, Prosopographie, Réseaux, Circulation des savoirs, France, XIXe siècle, Matérialité
Résumé :
Cette thèse a pour ambition de retracer l’histoire des déposants de brevets relatifs aux technologies subaquatiques en France entre 1791 et 1901, d’identifier les réseaux dans lesquels ils s’inscrivent et de comprendre comment ces appartenances participent à la formation et à la circulation des savoirs. Elle s’inscrit pour cela dans une démarche prosopographique visant à restituer les profils, les trajectoires et les réseaux des déposants.
Ce travail repose sur un corpus de dossiers de brevets portant sur des machines, dispositifs et procédés conçus pour rendre possible toute forme d’intervention sous la surface de l’eau : pénétrer dans l’eau, y circuler, y construire, y manipuler des objets, en explorer les fonds ou en exploiter les ressources. Ces dossiers offrent un observatoire privilégié pour saisir, à l’échelle individuelle et collective, la diversité des profils et des savoirs mobilisés pour concevoir des inventions destinées à agir sous l’eau.
En déplaçant le regard des inventions vers leurs déposants, cette recherche considère la forme-brevet non comme un simple enregistrement juridique, mais comme une production sociale et culturelle, éclairant les dynamiques par lesquelles se constituent et se diffusent les savoirs en matière de technologie subaquatique.
Keywords : Patents, Underwater technologies, Prosopography, Networks, Circulation of knowledge, France, 19th century, Materiality
Abstract :
This thesis examines the history of patentees of underwater technologies in France between 1791 and 1901. It aims to identify the networks in which they operated and to understand how these affiliations contributed to the production and circulation of knowledge. To do so, it adopts a prosopographical approach in order to reconstruct the profiles, trajectories, and networks of these patentees.
The study is based on a corpus of patent files relating to machines, devices, and processes designed to enable intervention beneath the water’s surface – whether to access it, move within it, build there, handle objects, or explore and exploit its depths and resources. These records offer a valuable perspective for analysing, at both individual and collective levels, the diversity of backgrounds and forms of expertise involved in the design of underwater technologies.
By shifting the focus from inventions themselves to their patentees, this research approaches patents not simply as legal records, but as social and cultural artefacts. In doing so, it highlights the processes through which knowledge in the field of underwater technology was produced and circulated.