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La diplomatie des comuneros : des rebelles contre un roi absent (1520-1522)

Intervention de :

Colloque : Rebelles en diplomatie

Date : 10 juin 2026

Lieu : MSH Ange Guépin, Nantes, France

Organisation : Matthieu Gellard et Fabrice Micallef


Présentation de l'intervention

En 1520-1521, les royaumes espagnols connaissent des révoltes contre les autorités mises en place par le roi-empereur Charles Quint. Cette communication abordera ce sujet à partir de pétitions, de chroniques et de lettres émanant tant des rebelles que du gouvernement contesté. Phénomène principalement urbain, les villes envoient, dans un premier temps, des ambassades les unes vers les autres afin de rallier du soutien à leur cause, opposée au gouvernement d’Adrian d’Utrecht. Considérant illégitime une administration bourguignonne en Castille, plusieurs initiatives diplomatiques sont entreprises : appels à Emmanuel du Portugal et à François Ier pour une aide militaire contre les courtisans étrangers ; requêtes adressées en Allemagne à Charles Quint pour la mise en place d’un nouveau gouvernement ; sollicitations auprès de la reine Jeanne, mère du roi, retirée à Tordesillas mais toujours titulaire légitime du royaume, afin qu’elle assume l’autorité royale. Des insurgés vont jusqu’à importuner l’ambassadeur portugais en Castille, et osent même projeter un mariage entre l’infante Catherine et Jean du Portugal. Si la Junta des Communautés tente de centraliser les décisions, chaque ville conserve toutefois la maîtrise de ses propres démarches diplomatiques. Malgré la répression des révoltes en 1522, le principe de représentation urbaine n’est pas perdu : il est adapté et intégré aux cortes, assemblées où le roi-empereur écoute et compose avec les représentants des villes dans les décisions gouvernementales, y compris pour des choix diplomatiques et dynastiques. La diplomatie impériale post-révolte traite également des extraditions de comuneros réfugiés dans les royaumes voisins, révélant la valeur stratégique d’offrir ou de refuser la protection à ces rebelles.