Nom complet du projet : Liminal Waterway Countercultures
Durée du projet : 1 avril 2025 - 31 mars 2027
Projet n° ANR 24-HER2-0001
Coordination à TELEMMe :
Membres de TELEMMe :
Résumé :
Notre consortium LIMINALWATER, composé de cinq pays, analysera le rôle des contre-cultures des voies navigables liminales dans le cadre de deux crises qui se croisent : La crise de diversification de l’Europe, largement imaginaire, et sa crise écologique, bien réelle. Les contre-cultures émergent dans les voies d’eau liminales de l’Europe en réponse à ces deux crises, et fournissent des modèles de résilience. Nous comptons redécouvrir des récits submergées montrant commentl’eau – au sens figuré ou littéral – est au cœur des moyens utilisés par les communautés, les artistes, les activistes et les acteurs municipaux pour se réapproprier l’espace urbain et naturel post-colonial, post-fasciste et post-socialiste, ainsi que la mémoire des lieux. Nous déploierons des méthodologies historiques, littéraires, géo-ethnographiques pour explorer ces productions culturelles. En se concentrant sur les points de résistance oubliés ou périphériques, en eau douce ou salée, à nos deux crises, ces cas d’études seront situés dans les ports fluviaux atlantiques de Faro et Liverpool, les ports de la Manche de Londres et Ostende, les côtes méditerranéennes de Marseille, d’Alger et des Balkans, et le réseau fluvial reliant l’Europe centrale à la mer Égée et aux Balkans.
Nous développerons 8 études de cas sur les voies navigables de résilience écologique, de rencontre interculturelle et de production culturelle fugitive qui constituent des contre-cultures d’appartenance comme autant de ressources pour raconter différemment l’identité européenne. Les sites choisis représentent à la fois les centres symboliques et les marges du continent et leurs riches histoires alternatives, leurs mémoires intercommunautaires. Répondant à l’objectif de l’appel d’explorer comment les traditions culturelles questionnent la notion de crise en tant que moment fondamental et critique, nous postulons que chacun de ces sites a produit des contre-cultures des voies navigables liminales, dont certaines ont été oubliées ou effacées des récits officiels, tandis que d’autres ont été commémorées dans les récits des municipalités et de la société civile, maintenues en vie dans les représentations littéraires ou cinématographiques, ou exploitées dans de nouvelles formes de tourisme patrimonial. Comme l’essor et le déclin des empires et des idéologies suivent le flux et le reflux des voies d’eau, nos sites sont tous post-impériaux et plusieurs sont post-fascistes ou post-staliniens, ce qui exige un examen complexe de ce qui est ramené à la surface et de ce qui reste submergé.
En collaboration avec des activistes culturels locaux, nous produirons du matériel visuel sur tous les sites. A Marseille, nous nous sommes mis en relation avec Oksana Chepelyk, une éco-artiste ukrainienne qui travaille à l’intersection de la crise environnementale et de la sphère socio-politique. Notre partenaire associé portugais est Sciaena, une ONG de l’Algarve pour la conservation des océans et la sensibilisation. Au Royaume-Uni et en Autriche, nous nous concentrons sur les humanités numériques, en apportant notre expertise en matière de conservation d’archives numériques (au Centre autrichien pour les humanités numériques, Centre for Information Modelling, ZiM), de réalisation de films expérimentaux et de collaboration avec des galeries (Everett, Harris, à Southampton et son école d’art de Winchester) et de cartographie numérique (le projet Layers of London de Birkbeck, basé sur la plateforme Humap). Notre partenaire en France est le Mucem à Marseille, où nous nous réunirons deux fois par an dans son espace de recherche MucemLab. Pour mettre en avant les partenaires de l’élargissement, notre exposition finale sera accueillie par le Musée maritime et historique du littoral croate à Rijeka. Nos résultats non académiques – une carte numérique et l’exposition – auront une portée significative en termes de diffusion.
Abstract :
Our five-country LIMINALWATER consortium will analyse the role of liminal waterway countercultures within two intersecting crises: Europe’s largely imaginary crisis of diversification and its very real ecological crisis. Countercultures emerge in Europe’s liminal waterways as a response to these two crises, and provide models of resilience against them. We retrieve submerged narratives of how water – figuratively or literally – has been central to ways in which communities, artists, activists and municipal actors have re- appropriated post-colonial, post-fascist and post-socialist urban and natural space and place-based memory. We deploy historical, literary, spatial and ethnographic methodologies to explore these multilingual sites of cultural production and conviviality, through which tides of people, ideas and objects flow. Focusing on forgotten or peripheral fresh- and saltwater points of resistance to our twin crises, our cases – some historical and some contemporary – are located in the Atlantic riverports Faro and Liverpool, the Channel ports London and Ostend, the Mediterranean coasts of Marseille, Algiers and the Balkans, and the riverine network linking central Europe to the Aegean and Balkans.
Specifically, we propose to map and retrieve submerged stories of living resiliently and otherwise with difference and rupture. We will develop eight historical and contemporary waterway case studies (some multi-sited) of ecological resilience, intercultural encounter and fugitive cultural production that constitute counter-cultures of belonging as a resource for narrating European identification differently. The sites are chosen as representing both symbolic centres and margins of the continent and for their rich alternative histories and intercommunal memories, as well as the key place that water holds within, across and sometimes between each of them. Responding to the call aim of exploring how cultural traditions problematize the notion of crisis as a fundamental and critical moment for society and for communities, we posit that each of these sites has produced liminal waterway countercultures, some of which have now been forgotten or are erased from official narratives, others memorialised in municipal and civil society accounts, kept alive in literary or filmic representations, or exploited in new forms of heritage tourism. Crucially, as the rise and fall of empires and ideologies follow the ebb and flow of waterways, our sites are all post-imperial and several are post-fascist or post-Stalinist, requiring a complex reckoning with what is brought to the surface and what remains submerged.
Collaborating with local cultural activists, we will produce visual material across the locations. In Marseille, we have connected with Oksana Chepelyk, a Ukrainian eco-artist who works on the intersection of environmental crisis and the socio-political sphere. Our Portuguese associate partner (AP) is Sciaena, an Algarve NGO for Ocean conservation and awareness-raising. In the UK and Austria, we centre the digital humanities, bringing expertise in digital archival curation (at the Austrian Centre for Digital Humanities’ Centre for Information Modelling, ZiM), in experimental film-making and gallery collaborations (Everett, Harris, at Southampton and its Winchester School of Art) and in digital cartography (Birkbeck’s Layers of London project based on the Humap platform). Our AP in France is the “Blue” Museum of European and Mediterranean Civilisations (Mucem) in Marseille, where we will meet twice yearly at its MucemLab research innovation space. To foreground the enlargement partners, our final exhibition will be hosted by our Croatian AP, the Maritime and History Museum of the Croatian Littoral (PPMHP) in Rijeka. Our non-academic outputs—a digital map and the exhibition—have significant scope for outreach, in response to the toxic crisis-amplification of so much of Europe’s contemporary digital space.
Page sur le site du financeur :
https://anr.fr/Project-ANR-24-HER2-0001
Activités :
- Fuites ou débordements ? Penser la marge par les eaux dans les métropoles méditerranéennes (Marseille, Athènes) | Atelier et Journée d'études | 13 février 2026 9 h 30
Partenaires :
- Birkbeck - University of London -- Psychosocial Studies
- CRIA Centro em Rede de Investigação em Antropologia
- University of Graz - Faculty of Arts and Humanities
- University of Zagreb - Department of German