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Papiers de famille et écriture féminine dans la noblesse méridionale (XVIIIe-début du XIXe s.)

Camille Caparos

Papiers de famille et écriture féminine dans la noblesse méridionale (XVIIIe-début du XIXe s.)

Thèse de Doctorat en Histoire

Sous la direction de Emmanuelle Chapron et de Isabelle Luciani

Mots clés : Écriture personnelle, Femmes, Papiers de Famille, France méridionale

Résumé :

Si, à l’époque moderne, les femmes doutent souvent de leurs capacités et de leur légitimité à écrire, nombre d’entre elles ont laissé des traces de leur pratique scriptuaire. Aujourd’hui ce sont elles qui, au sein du foyer, maîtrisent l’écriture du quotidien, en alliant mémoire familiale et écrits ordinaires. Pourtant, cette « naissance à l’écriture » est le fruit d’un long processus prenant ses racines dans les papiers de famille d’Ancien Régime. Lorsque l’on se penche sur ces fonds conservés au sein des dépôts d’archives et des bibliothèques, l’existence d’un « royaume féminin » (Isabelle Luciani, 2012), né de l’écriture, se dessine au fil du temps. C’est particulièrement le cas des femmes cultivées de la noblesse qui prennent une part active à la constitution et à la conservation des papiers de famille. Ces derniers, véritables massifs archivistiques de plusieurs milliers de folii, rassemblent à la fois les instruments de comptabilité quotidienne (quittances, listes diverses, livres de comptes), mais aussi de véritables corpus d’archives familiales (généalogies, lettres de noblesse, livres de raison) et enfin, plus secrètes, les empreintes d’une écriture de soi laissant entrevoir l’individu (livres de raison, journaux de voyage, correspondance, actes de naissance…).

Ainsi, l’objectif central de ma thèse est d’éclairer d’un jour nouveau la relation à la fois pratique, conservatoire et intime des femmes à l’écriture. Celle-ci apparaît tout particulièrement soutenue dans la noblesse méridionale, posant à la fois la question de la culture écriture et celle de la capacité d’action des femmes dans un contexte social et juridique spécifique. Un tel questionnement soulève aussi celui des effets de l’écriture sur les scriptrices : l’écriture sera analysée comme pratique réflexive grâce à laquelle elles font de leur propre personne le sujet d’un récit. Par cette pratique de l’écriture personnelle, elles se livrent, de manière plus ou moins consciente, à une construction de leur moi (self).