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L’armée d’Italie (1792-1797). Des missionnaires armés à la naissance de la guerre napoléonienne

Gilles Candela

L’armée d’Italie (1792-1797). Des missionnaires armés à la naissance de la guerre napoléonienne

Thèse de Doctorat en Histoire et humanités

Sous la direction de Christine Peyrard

Soutenue le 6 décembre 2007 à AMU

Membres du jury :

A. M. Rao (U. Frédéric II de Naples), J.-P. Bertaud (U. de Paris I), F. Pomponi (U. de Nice), M. Vovelle (U. de Paris I)

Mention : Très honorable avec félicitations

Résumé :

L’objet de cet ouvrage est l’étude de l’armée d’Italie de 1792 à 1797. Au cours de cette période, cette machine de guerre au service de la Révolution a été un lieu d’expérimentation tactique et stratégique. Dans le cadre d’une longue guerre de positions dans les Alpes, les combattants, au contact de leurs ennemis piémontais et autrichiens, ont développé des méthodes nouvelles de combats. Ces soldats de l’an II ont progressivement formé des groupes primaires qui sont passés maîtres dans l’art de la petite guerre. Surtout, au cours des 1793-1794, les représentants en mission sont parvenus à relever un défi logistique considérable en organisant le ravitaillement, l’équipement et le financement d’une armée de plusieurs dizaines de milliers d’hommes sur un théâtre d’opérations périphérique. Ces personnages ont aussi orchestré la lutte idéologique contre les puissances monarchiques par l’emploi de divers procédés tels qu’une active propagande et la mobilisation de réseaux de renseignements dont l’influence sur les opérations doit être réévaluée. Après le 9 Thermidor, les choses changent et les points de vue des chefs militaires s’imposent progressivement au pouvoir politique. L’évolution est achevée lorsque Bonaparte prend le commandement de l’armée d’Italie en 1796.
A la faveur de la campagne de 1796-1797, celui-ci réussit dans un premier temps à mobiliser ces forces nouvelles héritières de la Révolution dans le cadre d’une grande guerre de mouvement à travers la plaine du Pô. L’historiographie a surtout insisté sur le caractère fulgurant de la campagne d’Italie. Cependant, les succès militaires de Bonaparte exaltés par une efficace propagande se heurtèrent peu à peu aux difficultés matérielles en partie dues à l’étirement des lignes de communication. Les Français durent aussi faire face à des insurrections populaires de plus en plus menaçantes. La guerre de mouvement atteignit alors ses limites et l’armée dut se transformer en une force de maintien de l’ordre. La célèbre formule de Maximilien Robespierre selon laquelle les peuples n’aiment pas les missionnaires armés devait alors perdre tout son sens en Italie.