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Vivre de la musique à Rome au XVIIIe siècle. Lieux, institutions et parcours individuels.

Elodie Oriol

Vivre de la musique à Rome au XVIIIe siècle. Lieux, institutions et parcours individuels.

Thèse de Doctorat en Histoire et humanités

Sous la direction de Brigitte Marin et de Renata Ago, Université de Rome La Sapienza

Soutenue le 6 décembre 2014 à MMSH DUBY

Membres du jury :

Composé de M. BERTRAND Gilles Professeur d’Université, M. PIPERNO Franco Professeur d’Université, Mme MARIN Brigitte Professeur d’Université, Mme AGO Renata Professeur d’Université, M. MORALES Nicolas Maître de Conférences, Mme D’AMELIA Marina Professeur d’Université.

Mention : Très honorable avec félicitations

Mots clés : musique, sociologie, histoire de la musique, histoire sociale,

Résumé :

L’objectif de la thèse est de saisir, pour Rome en tant que capitale européenne de la musique, et dans la continuité des récents travaux historiques sur les capitales culturelles, les modalités et les temporalités d’une profonde transformation des milieux musicaux et des conditions sociales et culturelles de l’exercice de la musique au cours du XVIIIe siècle, phénomène qui a accompagné l’évolution des styles et des goûts musicaux en Europe. La recherche est centrée sur l’étude des « métiers de la musique » : elle analyse les lieux et institutions d’exercice, les pratiques observables dans chacun d’eux, en prenant en compte leurs singularités comme leurs imbrications ou porosités, ainsi que le déroulement des carrières, à partir d’évaluations quantitatives comme de la reconstitution de parcours individuels. Elle vise, grâce à des archives variées (archives de la Congrégation de Sainte-Cécile, archives privées des grandes familles aristocratiques, archives notariales, archives paroissiales, archives des chapelles et des théâtres), à appréhender les conditions sociales des musiciens, en s’attachant aux revenus, aux hiérarchies, aux protections et aux mobilités. Au cours du XVIIIe siècle, on assiste à une recomposition du paysage musical romain. Bien que la désaffection pour la musique sacrée fragilise le marché musical urbain, Rome reste l’un des principaux foyers musicaux européens. La ville se convertit progressivement, mais avec succès, à la musique profane, en particulier à l’opéra, ce qui conduit à modifier non seulement l’offre musicale, mais aussi l’organisation de la profession.

Keywords : sociology, social history, music, history of music,

Abstract :

The aim of this thesis is to catch how and when musical circles as well as social and cultural conditions in musical practice deeply changed in Rome – as the European capital of music- during the 18th century ; and that, as part of the recent historical work on cultural capitals. This phenomenon went hand in hand with the evolution of musical styles and tastes in Europe.The research is based on the study of « musical professions »: it is an analysis of the places and institutions in which music was practised, the different practices with their peculiarities as well as their abilities to mingle together. It also analyses how careers develop, using quantitative assessments and records of individual careers.It aims, thanks to various archives (from the Congregation of St Cecily, great aristocratic families, notary offices, parishes, choirs and theatres) at understanding the living conditions of the musicians: incomes, hierarchy, protections, mobility. It has been necessary to study the social network and the family environment of the musicians, as well as their relations with other people, and their professional environment. During the 18th century, a reshaping of the Roman musical landscape can be observed. In spite of the declining interest for sacred music, which weakens the market of music in town, Rome remains one of the most important musical places in Europe. The town slowly but successfully converts itself to secular music, and more especially to opera music; and this leads to a change, not only in musical offers, but also the organization of the profession.