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Les territoires du contrôle de la migration clandestine en Grèce

Laurence Pillant

Les territoires du contrôle de la migration clandestine en Grèce

Thèse de Doctorat en Géographie

Sous la direction de Pierre Sintès et de Apostolos Papadopoulos, Université de Harotopio

Soutenue le 20 octobre 2017 à Maison méditerranéenne des sciences de l'homme5, rue du Château de l'horloge, BP 647, 13094 Aix-en-Provence, France Salle Duby

Membres du jury :

Composé de M. SINTES Pierre Maître de Conférences, Mme TRAGAKI Alexandra Maître de Conférences, M. PAPADOPOULOS Apostolos Professeur, Mme AMILHAT-SZARY Anne-Laure Professeur, M. WEBER Serge Professeur, Mme TSIBIRIDOU Fotini Professeur.

Mots clés : frontière gréco-turque, Union Européenne, Grèce, contrôle mgiratoire, lieux d'enfermement, assemblage,

Résumé :

La frontière orientale de la Grèce connaît depuis le début des années 2000 une augmentation des arrivées de migrants originaires d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Asie qui la franchissent sans autorisation. Le pays, nouvellement dans l’espace Schengen, est jusque là muni d’un cadre législatif prévu pour une immigration albanaise dont les autorités contrôlent les arrivées et envers laquelle elles pratiquent l’expulsion. Au fil des années 2000, l’augmentation des arrivées de migrants à la frontière gréco-turque et une combinaison de prises de décisions politiques autant locales, nationales, qu’européennes, voire mondiales, a entraîné l’émergence de lieux d’enfermement. Principalement localisés dans les espaces frontaliers insulaires et terrestres (de la région d’Évros à l’archipel du Dodécanèse), ils deviennent progressivement des marqueurs de frontière. C’est l’ensemble de ces évolutions, leurs enjeux et leurs conséquences que ce travail décrypte. Théoriquement et méthodologiquement inscrit dans une approche sociale et politique en géographie, la frontière est envisagée comme un assemblage. Cela permet de comprendre comment le contrôle migratoire s’étend à de nouveaux espaces et à de nouveaux acteurs, prolongeant ainsi la frontière au-delà de la ligne de séparation entre la Grèce et la Turquie. Les modalités de cette extension frontalière sont autant le fait des cadres législatifs et des pratiques policières à différentes échelles que de l’environnement socioculturel des espaces frontaliers. La manière dont ces éléments s’imbriquent pour former une frontière réticulaire et performative permet d’ancrer la réflexion au cœur d’un débat géographique sur les nouvelles formes de frontières contemporaines et leurs localisations. Du franchissement frontalier jusqu’au cœur du territoire grec, cette thèse expose les modalités de production et de reproduction des situations de frontières pour les migrants dans le pays.

Keywords : assemblage, European Union, confinment places, Greek-Turkish border, migratory control, Greece,

Abstract :

Since the start of the millenium Greece’s eastern border has witnessed an increase in the flow of irregular migrants from Africa, the Middle East and Asia. Although the country entered Schengen a few years back, its immigration laws catered mainly for arrivals from Albania, an immigration that the autorities wanted to keep under control and where expulsions were possible. Throughout the noughties, new places of confinment were built in response to increasing numbers of migrants at the border between Greece and Turkey, and based on a combination of political decisions taken locally, nationally, at European level and even globally. Progressively these places have become clear signs of where the actual borders are, whether they are located on islands or mainland (between the Evros region and the Dodecanese archipelago). This essay deciphers these trends, what is at stake and the consequences that they carry. From a theoretical and methodological point of view, encompassing a social and political approach in geography, borders are considered as an assemblage. This makes it easier to understand how migratory control expands beyond the geographical line of separation between Greece and Turkey and into new spaces involving new players. This expansion of the borders is the result of the legal framework, the policing practices at all levels and the socio-cultural environment of these areas. The way in which these various elements come together to form a border that is both reticular and performative, enables us to position our thoughts within the geographical debate on new forms of contemporary borders and their localisation. From crossing the border to life inside the greek territory, this thesis presents the ways in which border situations are created and reproduced for the migrants in that country.