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Enfant de la faute, enfant du malheur : grandir sous la tutelle de l’Assistance publique dans les Basses-Alpes durant la IIIe République

Isabelle Grenut

Enfant de la faute, enfant du malheur : grandir sous la tutelle de l’Assistance publique dans les Basses-Alpes durant la IIIe République

Thèse de Doctorat en Histoire

Sous la direction de Laurence Américi

Soutenue le 8 décembre 2017 à Maison méditerranéenne des sciences de l'homme5, rue du Château de l'horloge, BP 647, 13094 Aix-en-Provence salle Duby

Membres du jury :

Composé de Mme CAROL Anne Professeur des Universités, Mme DE LUCA BARRUSSE Virginie Professeur des Universités, M. FAURE Olivier Professeur Emérite, Mme RENAUDET Isabelle Professeur des Universités, Mme POTIN Emilie Maître de Conférences.

Mots clés : IIIe République, Basses-Alpes, Enfance, assistance publique,

Résumé :

RÉSUMÉ : Dans un contexte général caractérisé à la fois par la dépopulation et une forte mortalité infantile, la IIIe République manifeste dès ses débuts une volonté politique sans précédent envers la protection de l’enfance, effervescence lagislative qui rend cette période particulièrement pertinente à observer au point de vue de la population vulnérable que représentent les enfants assistés : pupilles de l’État, ils sont susceptibles de bénéficier plus encore que d’autres enfants des nouvelles législations en faveur de la santé, de l’éducation et du travail. Entre 1874 et 1923, environ 800 enfants sont admis à l’Assistance publique dans les Basses-Alpes, un effectif restreint lié principalement à la faiblesse démographique de ce département rural et montagneux du sud-est de la France. Il s’agit le plus souvent de nouveau-nés abandonnés par leur mère célibataire, victime de l’opprobre social, mais on admet également des orphelins pauvres et des enfants légitimes négligés ou maltraités. Dès leur admission, les enfants sont placés dans des familles nourricières qui les élèvent et les éduquent avec plus ou moins d’investissement, et dont ils partagent le quotidien, sous le contrôle de l’inspecteur de l’Assistance publique. Jusqu’à l’âge de treize ans, les jeunes pupilles vivent grosso modo comme la plupart des enfants de famille rurale, entre les tâches de l’exploitation familiale et l’école, devenue obligatoire pour tous en 1882. Puis garçons et filles sont en général placés à gages en domesticité dans des fermes ou parfois comme bonnes en ville. Durant cette période laborieuse, jeunesse oblige, ils expérimentent l’amitié, l’amour et l’aventure. Cependant, si la situation globale des pupilles s’améliore indéniablement au cours de la IIIe République, la stigmatisation dont ils sont l’objet apparait flagrante, et un certain nombre d’entre eux demeurent taraudés par le désir de percer le secret de leur histoire.

Keywords : Children, Basses-Alpes, Third Republic, ward of the Sate,

Abstract :

ABSTRACT: In a context characterized by depopulation and high infant mortality, the Third Republic shows its early political desire to protect children which makes this period particularly relevant to observe from the point of view of the vulnerable population of assisted children: as wards of the State, they are likely to benefit more than other children from the new legislation in favour of health, education and work.. Between 1874 and 1923, about 800 children are admitted to Public Care (Assistance publique) in the Basses-Alpes, the small number reflecting the sparse population of this rural and mountainous department of the south east of France. It is most often new born babies who are admitted, abandoned by their single mother, victims of social stigma, but also orphans and legitimate children who are neglected or abused. Upon admission, children are placed in foster families who raise and educate them with varying degrees of commitment, but always under the control of the Inspector of Public Assistance. Until the age of thirteen, these young wards live pretty much like most children living in the countryside, that is, working on the family farm as well as going to school (which becomes compulsory in 1882.) Subsequently, both boys and girls are generally placed in domestic service on the farms or less often as servants in the city. During these challenging times, as with all young people, they experience friendship, love, and adventure. However, if the overall situation of the wards is undeniably improving during the Third Republic, nevertheless they continue to suffer from a pervasive social stigma, which drives some of them to search for the truth behind their story.