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Instabilité environnementale et santé publique dans une ville méditerranéenne de l’Ancien Régime. Barcelone entre le paludisme et la fièvre jaune (1780-1821)

Kevin Pometti Benitez

Instabilité environnementale et santé publique dans une ville méditerranéenne de l’Ancien Régime. Barcelone entre le paludisme et la fièvre jaune (1780-1821)

Thèse de Doctorat en Histoire

Sous la direction de Isabelle Renaudet et de Armando Alberola Roma

Soutenue le 4 décembre 2019 à Maison méditerranéenne des sciences de l'homme5, rue du Château de l'horloge, BP 647, 13094 Aix-en-Provence, France Salle George Duby

Membres du jury :

Composé de Mme RENAUDET Isabelle PR, M. MANDRESSI Rafael Directeur de Recherche, Mme PéREZ SAMPER María Ángeles Professeur des Universités, M. ALBEROLA ROMá Armando Professeur des Universités, M. BERNABEU MESTRE Josep Professeur des Universités, Mme SéGUY Isabelle Chargé de Recherche.

Mots clés : politiques sanitaires, espace méditerranéen 18-19 siècles, épidémies, histoire de la santé, histoire environnementale, changement climatique,

Résumé :

Objectifs : Le médecin Francisco Gelabert dans son travail intitulé De la influencia de los climas sobre los temperamentos montre la relation établie entre le climat et la santé des hommes en disant qu’il « est nécessaire [qu’elle soit] comprise par le médecin qui veut exercer son art avec utilité » , et ce parce que l’homme :Environné des éléments nécessaires ou utiles à son existence, de par sa nature, incité à maintenir des relations intimes et multiples avec les causes physiques ou extérieures au sein desquelles il est placé, [l’homme] ne peut se libérer de son influence .Et de conclure que cette influence du milieu retentit sur l’homme, le disposant à contracter des affections morbides. C’est sous les auspices de cette relation entre climat et santé que se place ce travail. L’historiographie, et notamment James L. A. Webb, a montré qu’au cours des 200.000 ans de l’histoire de l’humanité, les caprices du climat ont façonné l’écologie tout comme ont évolué les formes de vie humaines responsables de maladies. Si l’on se réfère à une actualité plus récente, le cinquième rapport du l’Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC) souligne les répercussions que peut avoir sur les maladies infectieuses et vectorielles la dynamique actuelle du réchauffement climatique et, en particulier, les changements climatiques extrêmes . En tant qu’exemple paradigmatique de maladie vectorielle sensible aux changements de température et de régime de précipitations, le paludisme constitue un poste d’observation pertinent pour croiser les effets du climat sur la santé. Malgré la mise en œuvre de mesures pour lutter contre cette maladie, en particulier dans les régions situées dans les climats tempérés, la transmission du paludisme à l’échelle locale connaît une résurgence, avérée par la multiplication des cas récemment détectés en 2013 en Grèce .Des études menées dans une perspective interdisciplinaire montrent clairement les conséquences pernicieuses pour la santé des populations du changement climatique en cours. Cette thèse s’attache à comprendre les facteurs et les processus qui ont contribué à générer le substrat environnemental favorable à la prolifération de ces maladies. A partir de la situation qui prévaut dans les sociétés du passé, où la maladie était endémique, il s’agit de fournir des éléments de comparaison aux équipes qui travaillent actuellement sur les questions environnementales et le changement climatique. L’ambition modeste de cette thèse est d’enrichir les savoirs en ce domaine et d’apporter une contribution en mesure de fournir des modèles d’aide à la décision, et ce afin d’éviter que le paludisme ne devienne une maladie ré-émergente de grande ampleur dans un contexte marqué par la mondialisation et l’instabilité climatique.Notre travail s’adosse à des travaux antérieurs qui se sont intéressés à la question de la variabilité climatique et à son impact sur les épidémies. Inscrite dans une perspective interdisciplinaire, cette historiographie analyse les interactions entre les phénomènes environnementaux et les épidémies virales et vectorielles en relation avec une période historique donnée. Elle interroge les crises engendrées par ces situations et leur impact sur les sociétés humaines de l’époque. Notre proposition méthodologique est de nous situer dans le sillage de ces travaux, notamment de ceux de Jean-Paul Desaive ou Vicente Pérez Moreda . Cet ancrage de la réflexion dans un champ de la recherche lié aux questions sanitaires s’accompagne d’une autre articulation, qui renvoie aux études sur le changement climatique menées dans une perspective historique. De ce point de vue, les travaux d’Armando Alberola Romá ont inspiré notre démarche. Nous analyserons à sa suite les interactions entre la société et les risques naturels et biologiques dans un contexte environnemental caractérisé par les fluctuations climatiques produites par la confluence de phénomènes atmosphériques complexes. Ceux-ci ont eu lieu dans le cadre de la dernière phase de ce que l’on appelle l’Oscillation Maldà, dont les effets se sont fait sentir entre la fin du XVIIIe siècle et le début du XIXe, , période rattachée dans l’historiographie espagnole à la fin de l’Ancien Régime. A ces travaux s’ajoutent ceux menés par une équipe interdisciplinaire de l’Université d’Aix-Marseille, centrés sur l’analyse des fluctuations des conditions environnementales dues à la variabilité climatique et sur leur impact sur les épidémies de paludisme .Ces études scientifiques actuelles font écho à la réflexion d’un médecin aragonais, Joaquín de Villalba, dans un ouvrage publié en 1803 , qui insiste sur la nécessité d’explorer les événements du passé en vue d’ acquérir une meilleure connaissance de leur singularité et d’élaborer des mesures préventives plus efficaces. Cette démarche pionnière sert de point de départ à cette thèse.QuestionnementsUn chapitre spécifique analyse l’état de l’historiographie se référant à l’histoire du climat, aux épidémies et à leur impact sur la société. L’état de l’art que nous avons dressé fait apparaître des lacunes pour ce qui est du cas de Barcelone qui nous occupe dans cette thèse. Notre recherche en a pris acte et justifie les objectifs fixés dans le cadre de ce travail. La question qui le porte peut être formulée de la façon suivante : que font aux sociétés méditerranéennes, du point de vue de la santé et de la démographie historique, les fluctuations climatiques et les perturbations environnementales qu’elles engendrent ? Ce questionnement, appliqué à un terrain : l’espace barcelonais, tient compte de la vulnérabilité du milieu méditerranéen. En quoi la combinaison de la variable climatique, sanitaire et environnementale introduit-elle une rupture dans une configuration instable faisant basculer une société dans la crise ? De cette question centrale découlent toute une série d’axes de recherche.Dans une perspective d’étude des rapports entre les sociétés et les écosystèmes qui les entourent, la première concerne la capacité de la société barcelonaise à réagir à la situation créée entre 1780 et 1825 par les fluctuations climatiques et leurs effets sur les endémies palustres ou l’enracinement de maladies importées, sensibles aux modifications environnementales telles que la fièvre jaune. Cet axe envisagera les réponses aux perturbation climatiques et à la crise sanitaire qu’elles entraînent en termes de résilience.Un autre des points à analyser réside dans les mesures appliquées face aux assauts cycliques de la maladie et de fièvres débilitantes à peine perceptibles. Cet aspect prend en compte la perception par les acteurs du risque, des effets dévastateurs des pluies et des sécheresses, des vagues de froid ou de chaleur, de la peur de la contagion durant ces épisodes qui retiennent l’attention par leur taux de mortalité.Un autre des objectifs de la thèse est de privilégier une approche de notre objet par le biais de la démographie historique. Il s’agit de détecter les mois et les années durant lesquels la mortalité pourrait être plus élevée que les tendances habituelles et de mettre en corrélation cette situation avec la confluence des fluctuations climatiques, des modifications de l’environnement et de l’altération des régimes thermiques et pluviométriques qui en résultent. Comment ce « cocktail » si l’on peut employer cette expression, favorise-t-il la propagation des maladies vectorielles ? Les sources mobilisées à cette fin relèvent du champ de la démographie historique et de l’histoire environnementale et climatique. Nous utilisons les séries de mortalité des archives paroissiales de Santa Maria del Pi et Sant Just i Pastor (1770-1825), ainsi que les archives météorologiques et instrumentales fournies par le Servei Meteorològic de Catalunya (SMC), obtenues à partir des archives du docteur Francisco Salvá y Campillo entre 1780 et 1827, numérisées et compilées par Mariano Barriendos i Vallvé, Maître de Conférences à l’Université de Barcelone.Bien que cela soit un objectif secondaire, notre travail inclut enfin une approche de l’analyse de la saisonnalité des causes de décès pour les périodes où elles apparaissent dans les registres de mortalité.Champs de la rechercheNotre thèse s’inscrit donc à la croisée de divers champs : histoire des variations climatiques, histoire de la santé et de la médecine, histoire environnementale au sens où nous prenons en compte l’impact des modifications du climat sur les écosystèmes, histoire de la démographie historique, histoire sociale. Inscrite dans une perspective interdisciplinaire, notre thèse a nécessité la collaboration et les conseils et a été placée sous les directives de travail de spécialistes de la géographie, de l’histoire du climat, de la santé, de la démographie historique, sans lesquels cette étude n’aurait pu être menée à bien.La thèse que nous soumettons a nécessité la consultation d’un grand nombre d’ouvrages spécialisés et de divers types (monographies, articles, thèses, sources imprimées, etc.). Cette bibliographie relève de thématiques très diverses : histoire de la médecine, histoire environnementale, biologie, climatologie historique, histoire des institutions, histoire démographique, histoire sociale, etc.). Le dépouillement des fonds d’archives s’est accompagné d’une consultation systématique des sources privées ou imprimées (journaux personnels, rapports médicaux), municipales (proclamations, accords) et ecclésiastiques (registres funéraires) qui sont présentées dans un chapitre.Plan de la thèse :Par rapport aux objectifs proposés, nous avons structuré ce travail en trois parties principales précédées d’une introduction dans laquelle nous analysons : le cadre géographique de l’étude en tenant compte des principaux éléments qui la caractérisent, l’état historiographique propre à notre objet d’étude ; les sources et la méthodologie auxquelles nous avons eu recours.La première partie est consacrée à l’analyse des contextes et des variables qui convergent potentiellement durant les épisodes épidémiques. Une première étape dans ce parcours consiste à faire une première approche du milieu, des facteurs « conditionnants » et de la symptomatologie des deux maladies les plus susceptibles de réagir aux fluctuations climatiques et environnementales, soit la malaria et la fièvre jaune. On tente également de comprendre les processus atmosphériques et environnementaux qui ont convergé entre 1780 et 1825, tant au niveau européen que sur le plan régional et qui ont caractérisé le climat de la péninsule ibérique à cette époque. Ces aléas climatiques éclairés, nous nous focalisons sur l’analyse des séries de température et de précipitations pour Barcelone afin de comprendre les principales fluctuations des séries météorologique-instrumentaires durant la période d’étude.La connaissance des principales épidémies de fièvres et leur présence endémique dans l’Europe moderne et contemporaine est ensuite abordée. On rattache à cette configuration les synergies possibles que nous pouvons détecter concernant les épisodes liés aux épidémies fébriles qui ont eu lieu à Barcelone à l’époque. Nous observons parallèlement la façon dont ils ont été perçus ou étudiés à travers les témoignages des contemporains, comme c’est le cas des informations recueillies par le docteur Francisco Salvá y Campillo. Les endémies et épidémies de fièvres qui affectent la péninsule ibérique entre les XVIIIe et XIXe siècles sont également prises en compte. Nous nous interrogeons sur la coïncidence entre ces épisodes et les principales épidémies de fièvre qui éclatent à Barcelone.Le cadre dans lequel se joue cette confrontation entre milieu de vie et santé publique est exploré à la suite. On rappelle le contexte socio-économique de Barcelone entre l’Ancien Régime et le Régime libéral, on insiste sur la place des activités agricoles et productives en lien avec la thématique hygiénique, sur les principaux problèmes d’hygiène et de santé publique qui en découlent pour la ville. A cette occasion, nous présentons l’évolution historique des structures de santé publique, chargées de la gestion des crises épidémiques au niveau local (Junta de Sanidad de Barcelona) et au niveau de l’État (Real Tribunal del Protomedicato et Junta Superior de Sanidad). Notre objectif est ici double : mieux comprendre le fonctionnement de ces institutions, analyser la relation collaborative mise en place entre ces professionnels de santé et les organismes de santé publique. Cet éclairage nous permet d’acter les principaux changements qui ont pu avoir lieu dans le domaine des structures de santé publique (localement et régionalement) et leurs conséquences sur l’évolution de la science médicale (controverses scientifiques entre les médecins et les chirurgiens, affluence en ville de professionnels de santé non qualifiés, connexions entre les différentes sociétés savantes, évolutions des programmes d’étude, etc.).La deuxième partie de la thèse se concentre sur l’analyse des séries de mortalité des paroisses de Santa Maria del Pi et Sant Just i Pastor entre 1770 et 1825. Nous examinons les fluctuations entre mortalité adulte et infantile, tant entre les données brutes que par rapport à la tendance normalisée, la mortalité saisonnière sur l’ensemble de la période et sa fluctuation sur des périodes de cinq ans (1770-1824). A cela s’ajoute le calcul de l’intensité des crises de mortalité dans l’ensemble des données de l’échantillon. Un focus est mis sur la saisonnalité et la nomenclature des causes de décès recueillies dans ces deux paroisses entre 1801 et 1825.L’incidence des oscillations des variables climatiques et leur effet possible sur la mortalité saisonnière clôt cette seconde partie. Pour ce faire, nous utilisons des corrélations entre les séries météorologiques-instrumentales et les séries de mortalité.La troisième partie présente la gestion des situations épidémiques et les impacts produits sur la société barcelonaise, entre 1780 et 1825, à partir d’exemples appropriés, et ce afin d’analyser plus en détail la perception des anomalies climatiques et les mesures prises ou non en matière de santé publique.Le climat, l’environnement et la société constituent les trois principaux piliers qui ont interagi sur les causes morbides. Le cadre clinique ainsi créé caractérise la période comprise entre la dernière décennie du XVIIIe siècle et les premières années du XIXe siècle. Notre objectif est d’éclairer ces éléments imbriqués dans une relation complexe et fluctuante. Son analyse par les historiens recèle des enjeux sociétaux, surtout si l’on considère l’utilité que l’on peut en tirer dans le cadre de la dynamique actuelle du changement climatique. Au-delà de cette modeste contribution que cette thèse apporte aux grands défis de notre monde, notre travail vient consolider le champ des études interdisciplinaires centrées sur l’analyse des risques naturels, leurs conséquences et les causes qui les commandent.Un poste d’observation, les zones humidesComme nous le soulignons en faisant référence à Felipe Hauser Kobler, la relation entre l’environnement et les maladies infectieuses constitue le binôme à partir duquel on peut analyser l’influence des conditions environnementales propres à une région sur la santé d’une société. En ce sens, Jean-Michel Derex a souligné l’importance qu’il y a à étudier les espaces intégrés dans des « zones humides », car ils constituent une zone de transition entre la terre et le milieu aquatique. Leur connexion s’établit à travers l’histoire comme un lieu de rencontre entre l’homme, la nature et les maladies que les deux premiers éléments contribuent à fabriquer.En ce sens, le bassin oriental de la péninsule ibérique constitue un cadre géographique emblématique dans lequel ont alterné, de façon cyclique, des maladies infectieuses et vectorielles, telles que la peste, le paludisme ou la fièvre jaune. Ces maladies, sur le long terme, ont interagi avec la société en générant des mécanismes de prévention épidémique spécifiques, particulièrement axés sur la gestion des zones humides et des symptômes qu’elles provoquent.Aux XVIe et XVIIe siècles, la résurgence de la médecine hippocratique a conduit la société à rechercher une explication environnementale, scientifique et médicale à la relation entre les espaces malsains et la prolifération de certaines maladies. Des études voient le jour qui favorisent une meilleure observation des agents qui président à la santé des populations, du climat aux conditions sanitaires ou alimentaires en passant par l’évolution démographique de la société.En ce sens, un des facteurs les plus caractéristiques de la période d’étude de ce travail, est la variabilité du climat, l’altération des écosystèmes et la prolifération de maladies sensibles aux changements introduits dans le régime habituel des températures et pluviométrique. A la rupture introduite dans les écosystèmes naturels par l’instabilité climatique s’ajoutent des facteurs anthropiques liés à l’activité commerciale et productive de Barcelone, aux effets du solde migratoire qui participent de l’environnement insalubre de la ville.La toile de fond de l’étude : les altérations climatiquesUne des ambitions de cette recherche a été de mettre au jour une chronologie fine des alétrations climatiques qui affectent le terrain barcelonais durant la période envisagée. On expose à la suite les principaux résultats en ce domaine.Sur le plan climatique, la principale caractéristique de la période qui prend place entre 1780 et 1825, coïncidant avec la phase finale du Petit Âge de Glace (PAG) et du deuxième hyperPAG (1815-1860) est l’interrelation de phénomènes atmosphériques complexes. Parfois alimentés par des phénomènes géologiques tels que l’impact des éruptions volcaniques, qui se produisent simultanément, ces phénomènes génèrent des variations locales ou régionales qui doivent être étudiées en étant replacées dans la tendance générale des fluctuations qui se manifestent par des changements dans le régime des températures et hydrométéorologique.Les différents événements climatiques qui ont caractérisé le PAG ont été constitués, entre autres, par le phénomène d’El Niño durant les années 1790 ou par le minimum solaire de Dalton (1790-1830). Ajoutons que ces deux phénomènes climatiques que nous venons d’évoquer ont coïncidé avec les effets générés par la dernière phase de l’Oscillation Maldà (1760-1800). Conséquence des éruptions les plus remarquables à l’échelle mondiale renvoyant au volcan islandais Laki (juin 1783-février 1784) et au Vésuve (1783) ainsi qu’au volcan indonésien Tambora (avril 1815), ces différentes perturbations atmosphériques ont eu un fort impact sur le climat. Dans ce contexte, on constate des épisodes abrupts de sécheresse qui dépassent les schémas habituels en Europe centrale entre 1730-1790 et 1790-1840, alternant avec des épisodes de graves inondations comme celles qui se sont produites, par exemple, en Allemagne, en Autriche, en Belgique, aux Pays-Bas et en France. Cette instabilité est rendue évidente au niveau européen lorsqu’on prend en compte que les températures printanières sont alors aussi chaudes que la moyenne de ces valeurs au XXe siècle et plus élevées encore de 1766 à 1871, et qu’elles sont similaires à celles du XXe siècle en automne.Répercussions en Espagne et à BarceloneLa péninsule ibérique constitue un terrain d’observation très pertinent pour scruter ces phénomènes. On y constate l’augmentation simultanée de sécheresses, d’inondations, de variations de température, de fortes chutes de neige, de tempêtes. Selon les travaux du professeur Mariano Barriendos, ces épisodes se produisent d’une manière inhabituelle en une succession rapide et combinés entre eux. Or durant cette période l’éruption du Laki a modifié les conditions environnementales en particulier en février 1784 se traduisant, comme l’a souligné le professeur Armando Alberola, par la fonte accélérée des glaciers à laquelle se sont ajoutées des précipitations extraordinaires qui ont conduit à des inondations à grande échelle et à la prolifération des zones inondées sur une longue durée.L’Oscillation Maldà est un phénomène climatique qui s’étend sur 32 ans qui, dans le nord-est de la péninsule ibérique et en particulier sur la côte catalane, a conduit à la persistance d’une forte variabilité, d’une instabilité climatique qui a prévalu tout au long de la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle. Ceci est particulièrement évident sur la côte catalane durant les années 1780, surtout de 1784 à 1787, générant des inondations catastrophiques alternant avec des épisodes de sécheresse et de fluctuations thermiques. Ces phénomènes ont donné lieu, comme le montre leur confrontation avec les indices de la zone, à une phase de sécheresse persistante de juillet 1795 à août 1799, particulièrement intense en 1796 et 1797-1798. La sécheresse s’est poursuivie dans les premières années du XIXe siècle au niveau de la péninsule, alternant avec des variations dans le régime pluviométrique.En outre, une grave sécheresse sévit entre 1812 et 1824, au cours de laquelle les effets de l’éruption du Tambora ont des répercussions sur l’agriculture, l’économie et la société, et entraînent également des épisodes épidémiques de fièvre particulièrement importants, stimulés par l’apparition de la fièvre jaune dans la péninsule ibérique. Ces années sont caractérisées par la faim, la sécheresse extrême et la misère, comme celles de 1816 à 1817, qui constituent le prélude à l’épidémie de fièvre jaune de 1821.La société locale est donc confrontée à Barcelone à un contexte de variabilité et de confluence de phénomènes climatiques d’amplitude extraordinaire qui ont également eu un impact sur la fluctuation des températures et des précipitations. L’analyse des séries météorologiques montrent que les étés 1781 et 1782 ont été les plus chauds en fonction des valeurs observées jusqu’en 1825, tandis qu’entre 1783 et 1790 nous avons clairement détecté des variations brusques de températures minimales avec des anomalies positives remarquables, par exemple, entre mai et juin 1784 ou durant la chaleur exceptionnelle de l’automne 1785. Au cours de ces années, les pluies torrentielles de septembre 1783 à mars 1784 générées par l’interaction entre les phénomènes climatiques et l’effet des éruptions de Laki et du Vésuve sont également notables.C’est durant la dernière phase de l’ Oscillation Maldá, avec la confluence de l’épisode El Niño lors des années 1790, qu’un changement dans la tendance des variables environnementales est clairement détecté à Barcelone. Entre 1793 et 1795, les températures augmentent fortement (surtout entre octobre 1973 et juillet 1794), coïncidant avec un excès de pluies (détecté de mars 1793 à 1796) alternant avec des périodes de pénurie et de sécheresse (comme celles d’août à octobre 1793 ou des mois de février à avril et de juillet à novembre 1794) entrecoupés de fortes précipitations en mai et juin.A partir de 1800, on trouve des années caractérisées par une sécheresse extrême et alternant avec des pluies occasionnelles. On fait l’hypothèse qu’elles ont pu altérer les conditions du milieu urbain comme celles de novembre 1802 ou juin 1803. Succède à cette phase une séquence de sécheresse jusqu’en 1804 qui, à son tour, alterne avec des hivers et étés frais comme ceux de février ou juillet 1803 et avec une augmentation des températures en mai et novembre 1804. Notre démarche vise à montrer comment ces fluctuations thermiques et hydrométéorologiques ont pu entraîner des changements dans les cycles de développement de maladies vectorielles comme le paludisme et faciliter l’enracinement d’affections comme la fièvre jaune.

Keywords : sanitation politics, mediterranean area 18th-19th centuries, climatic change, history of public health, environmental history, epidemics,

Abstract :

Objectives : Doctor Francisco Gelabert in his work entitled De la influencia de los climas sobre los temperamentos shows the relationship established between climate and human health by saying that it is « necessary[that it be] understood by the doctor who wants to exercise his art with utility », and this because man :Surrounded by elements necessary or useful to his existence, by its nature, encouraged to maintain intimate and multiple relationships with the physical or external causes within which he is placed, [man] cannot free himself from his influence.And to conclude that this influence of the environment has an impact on man, leading him to contract morbid diseases. It is under the auspices of this relationship between climate and health that this work is taking place. Historiography, and in particular James L. A. A. Webb, has shown that over the 200, 000 years of human history, the vagaries of climate have shaped ecology just as human life forms responsible for diseases have evolved. Referring to more recent developments, the fifth report of the Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC) highlights the potential impact of the current dynamics of global warming and, in particular, extreme climate change on infectious and vector-borne diseases. As a paradigmatic example of a vector-borne disease sensitive to changes in temperature and precipitation regime, malaria is a relevant observation point for cross-referencing the health effects of climate. Despite the implementation of measures to control this disease, particularly in regions located in temperate climates, malaria transmission at the local level is resurgent, as evidenced by the increase in the number of cases recently detected in 2013 in Greece.Studies conducted in an interdisciplinary perspective clearly show the pernicious consequences of ongoing climate change on the health of populations. This thesis aims to understand the factors and processes that have contributed to generating the environmental substrate for the proliferation of these diseases. Based on the situation in societies of the past, where the disease was endemic, the aim is to provide a basis for comparison with the teams currently working on environmental issues and climate change. The modest ambition of this thesis is to enrich knowledge in this field and to make a contribution that can provide models for decision support, in order to prevent malaria from becoming a large-scale re-emerging disease in a context marked by globalization and climate instability.Our work builds on previous work that has focused on the issue of climate variability and its impact on epidemics. This historiography, written in an interdisciplinary perspective, analyses the interactions between environmental phenomena and viral and vector epidemics in relation to a given historical period. It questions the crises caused by these situations and their impact on the human societies of the time. Our methodological proposal is to place ourselves in the wake of this work, particularly that of Jean-Paul Desaive or Vicente Pérez Moreda. This anchoring of the reflection in a field of research related to health issues is accompanied by another articulation, which refers to studies on climate change conducted from a historical perspective. From this point of view, the work of Armando Alberola Romá has inspired our approach. We will then analyse the interactions between society and natural and biological risks in an environmental context characterized by climatic fluctuations produced by the confluence of complex atmospheric phenomena. These took place as part of the last phase of the so-called Maldà Oscillation, whose effects were felt between the end of the 18th century and the beginning of the 19th century, a period linked in Spanish historiography to the end of the Ancien Régime. In addition to this work, there is also work carried out by an interdisciplinary team from the University of Aix-Marseille, focusing on the analysis of fluctuations in environmental conditions due to climate variability and their impact on malaria epidemics.These current scientific studies echo the reflection of an Aragonese doctor, Joaquín de Villalba, in a book published in 1803, which emphasizes the need to explore past events in order to gain a better understanding of their uniqueness and to develop more effective preventive measures. This pioneering approach is the starting point for this thesis.Questions to askA specific chapter analyses the state of historiography with reference to climate history, epidemics and their impact on society. The state of the art that we have established reveals shortcomings in the case of Barcelona, which is the subject of this thesis. Our research has acknowledged this and justifies the objectives set for this work. The question that drives it can be formulated as follows: what do climate fluctuations and the environmental disturbances they cause do to Mediterranean societies, from the point of view of health and historical demographics? This questioning, applied to a terrain: the Barcelona area, takes into account the vulnerability of the Mediterranean environment. How does the combination of the climate, health and environmental variable introduce a break in an unstable configuration that pushes a society into crisis? From this central question flow a whole series of research axes.With a view to studying the relationships between societies and the ecosystems that surround them, the first concerns the ability of Barcelona society to respond to the situation created between 1780 and 1825 by climatic fluctuations and their effects on malaria endemics or the entrenchment of imported diseases that are sensitive to environmental changes such as yellow fever. This axis will consider responses to climate change and the resulting health crisis in terms of resilience.Another point to be analysed is the measures applied to the cyclical attacks of the disease and debilitating fevers that are barely perceptible. This aspect takes into account the actors’ perception of the risk, the devastating effects of rains and droughts, cold or heat waves, the fear of contagion during these episodes which attract attention by their mortality rate.Another of the thesis’ objectives is to favour an approach to our object through historical demography. The aim is to detect the months and years during which mortality could be higher than usual trends and to correlate this situation with the confluence of climatic fluctuations, environmental changes and the resulting alteration of thermal and rainfall regimes. How does this « cocktail », if one can use this expression, promote the spread of vector-borne diseases? The sources mobilized for this purpose fall within the scope of historical demography and environmental and climatic history. We use the mortality series from the parish archives of Santa Maria del Pi and Sant Just i Pastor (1770-1825), as well as the meteorological and instrumental archives provided by the Servei Meteorològic de Catalunya (SMC), obtained from the archives of Dr Francisco Salvá y Campillo between 1780 and 1827, digitized and compiled by Mariano Barriendos i Vallvé, Associate Professor at the University of Barcelona.Although this is a secondary objective, our work finally includes an approach to analyzing the seasonality of causes of death for the periods when they appear in mortality registers.Fields of researchOur thesis is therefore at the crossroads of various fields: the history of climate variations, the history of health and medicine, environmental history in the sense that we take into account the impact of climate change on ecosystems, the history of historical demography and social history. Our thesis, written in an interdisciplinary perspective, required collaboration and advice and was placed under the working guidelines of specialists in geography, climate history, health, historical demography, without whom this study could not have been carried out.The thesis we are submitting required the consultation of a large number of specialized books and various types (monographs, articles, theses, printed sources, etc.). This bibliography covers a wide range of topics: medical history, environmental history, biology, historical climatology, institutional history, demographic history, social history, etc.). The examination of the archival fonds was accompanied by a systematic consultation of private or printed sources (personal diaries, medical reports), municipal sources (proclamations, agreements) and ecclesiastical sources (funeral registers), which are presented in a chapter.Thesis plan:In relation to the proposed objectives, we have structured this work into three main parts preceded by an introduction in which we analyse: the geographical framework of the study, taking into account the main elements that characterise it, the historiographical state specific to our subject of study, and the sources and methodology used.The first part is devoted to the analysis of contexts and variables that potentially converge during epidemic episodes. A first step in this journey consists in making an initial approach to the environment, the « conditioning » factors and the symptomatology of the two diseases most likely to react to climatic and environmental fluctuations, namely malaria and yellow fever. We are also trying to understand the atmospheric and environmental processes that converged between 1780 and 1825, both at European and regional level, and that characterized the climate of the Iberian Peninsula at that time. With these climatic uncertainties in mind, we focus on the analysis of temperature and precipitation series for Barcelona in order to understand the main fluctuations in meteorological-instrumental series during the study period.The knowledge of the main fever epidemics and their endemic presence in modern and contemporary Europe is then discussed. This configuration is linked to the possible synergies that we can detect regarding the episodes linked to the febrile epidemics that took place in Barcelona at the time. At the same time, we observe how they have been perceived or studied through the testimonies of contemporaries, as is the case with the information gathered by Dr Francisco Salvá y Campillo. The endemics and epidemics of fevers that affected the Iberian Peninsula between the 18th and 19th centuries are also taken into account. We wonder about the coincidence between these episodes and the main fever epidemics that are occurring in Barcelona.The framework in which this confrontation between living environment and public health is played out is then explored. We recall the socio-economic context of Barcelona between the Ancien Régime and the Liberal Regime, we insist on the place of agricultural and productive activities in relation to the hygienic theme, on the main hygiene and public health problems that flow from it for the city. On this occasion, we present the historical evolution of public health structures responsible for managing epidemic crises at the local level (Junta de Sanidad de Barcelona) and at the State level (Real Tribunal del Protomedicato and Junta Superior de Sanidad). Our objective here is twofold: to better understand the functioning of these institutions, and to analyze the collaborative relationship established between these health professionals and public health organizations. This insight allows us to note the main changes that have taken place in the field of public health structures (locally and regionally) and their consequences on the evolution of medical science (scientific controversies between doctors and surgeons, influx of unqualified health professionals in the city, connections between different learned societies, changes in curricula, etc.).The second part of the thesis focuses on the analysis of the mortality series of the parishes of Santa Maria del Pi and Sant Just i Pastor between 1770 and 1825. We examine the fluctuations between adult and infant mortality, both between raw data and in relation to the normalized trend, seasonal mortality over the entire period and its fluctuation over five-year periods (1770-1824). In addition, the intensity of mortality attacks is calculated in all the data in the sample. A focus is placed on the seasonality and nomenclature of causes of death collected in these two parishes between 1801 and 1825.The impact of climate variable oscillations and their possible effect on seasonal mortality concludes this second part. To do this, we use correlations between weather-instrument series and mortality series.The third part presents the management of epidemic situations and the impacts on Barcelona society between 1780 and 1825, based on appropriate examples, in order to analyse in more detail the perception of climatic anomalies and the measures taken or not taken in the field of public health.Climate, environment and society are the three main pillars that have interacted on disease causes. The clinical setting thus created characterizes the period between the last decade of the 18th century and the first years of the 19th century. Our objective is to shed light on these intertwined elements in a complex and fluctuating relationship. Its analysis by historians conceals societal challenges, especially considering the usefulness that can be drawn from it in the context of the current dynamics of climate change. Beyond this modest contribution that this thesis makes to the great challenges of our world, our work consolidates the field of interdisciplinary studies focused on the analysis of natural hazards, their consequences and the causes that drive them.An observation post, wetlandsAs we point out in reference to Felipe Hauser Kobler, the relationship between the environment and infectious diseases is the pair from which the influence of environmental conditions specific to a region on the health of a society can be analyzed. In this sense, Jean-Michel Derex stressed the importance of studying integrated spaces in « wetlands », as they constitute a transition zone between the land and the aquatic environment. Their connection is established throughout history as a meeting place between man, nature and the diseases that the first two elements help to produce.In this sense, the eastern basin of the Iberian Peninsula is an emblematic geographical setting in which infectious and vector-borne diseases such as plague, malaria and yellow fever have alternated cyclically. These diseases, over the long term, have interacted with society by generating specific epidemic prevention mechanisms, particularly focused on the management of wetlands and the symptoms they cause.In the 16th and 17th centuries, the resurgence of Hippocratic medicine led society to seek an environmental, scientific and medical explanation for the relationship between unhealthy spaces and the proliferation of certain diseases. Studies are emerging that promote better observation of the agents that govern the health of populations, from climate to health or food conditions to demographic changes in society.In this sense, one of the most characteristic factors of the study period of this work is the variability of the climate, the alteration of ecosystems and the proliferation of diseases sensitive to changes introduced in the usual temperature and rainfall regime. In addition to the disruption introduced into natural ecosystems by climate instability, there are anthropogenic factors linked to Barcelona’s commercial and productive activity, as well as the effects of net migration, which contribute to the city’s unhealthy environment.The background of the study: climatic alterationsOne of the ambitions of this research was to uncover a detailed chronology of the climatic changes that affect the terrain of Barcelona during the period under consideration. The main results in this area are presented below.In terms of climate, the main characteristic of the period between 1780 and 1825, coinciding with the final phase of the Little Ice Age (LEG) and the second hyperPAG (1815-1860), is the interrelation of complex atmospheric phenomena. Sometimes fuelled by geological phenomena such as the impact of volcanic eruptions, which occur simultaneously, these phenomena generate local or regional variations that must be studied by being placed in the general trend of fluctuations manifested by changes in the temperature and hydrometeorological regime.The various climatic events that characterized the GAP included the El Niño phenomenon during the 1790s and the Dalton solar minimum (1790-1830). Let us add that these two climatic phenomena that we have just mentioned coincided with the effects generated by the last phase of the Maldà Oscillation (1760-1800). As a result of the most remarkable eruptions in the world, referring to the Icelandic volcano Laki (June 1783-February 1784) and Vesuvius (1783) and the Indonesian volcano Tambora (April 1815), these various atmospheric disturbances had a strong impact on climate. In this context, there were abrupt episodes of drought that exceeded the usual patterns in Central Europe between 1730-1790 and 1790-1840, alternating with episodes of severe flooding such as those that occurred, for example, in Germany, Austria, Belgium, the Netherlands and France. This instability is evident at the European level when one considers that spring temperatures are then as warm as the average of these values in the 20th century and even higher from 1766 to 1871, and that they are similar to those of the 20th century in autumn.Impacts in Spain and BarcelonaThe Iberian Peninsula is a very relevant observation ground for studying these phenomena. There is a simultaneous increase in droughts, floods, temperature variations, heavy snowfall and storms. According to the work of Professor Mariano Barriendos, these episodes occur in an unusual way in a rapid succession and combined with each other. During this period, the eruption of the Laki River changed environmental conditions, particularly in February 1784, resulting, as Professor Armando Alberola pointed out, in the accelerated melting of glaciers, as well as extraordinary rainfall, which led to large-scale flooding and the proliferation of flooded areas over a long period.The Maldà Oscillation is a 32-year climatic phenomenon that, in the northeast of the Iberian Peninsula and particularly on the Catalan coast, led to the persistence of high variability and climatic instability that prevailed throughout the late 18th and early 19th centuries. This is particularly evident on the Catalan coast during the 1780s, especially from 1784 to 1787, generating catastrophic floods alternating with episodes of drought and thermal fluctuations. These phenomena gave rise, as shown by their comparison with the indices of the area, to a phase of persistent drought from July 1795 to August 1799, particularly intense in 1796 and 1797-1798. Drought continued in the early years of the 19th century at the peninsula level, alternating with variations in rainfall patterns.In addition, there was a severe drought between 1812 and 1824, during which the effects of the Tambora eruption had repercussions on agriculture, the economy and society, and also led to particularly severe outbreaks of fever, stimulated by the appearance of yellow fever in the Iberian Peninsula. These years were characterized by hunger, extreme drought and poverty, such as those from 1816 to 1817, which were the prelude to the yellow fever epidemic of 1821.Local society is therefore confronted in Barcelona with a context of variability and confluence of climatic phenomena of extraordinary amplitude that have also had an impact on temperature and precipitation fluctuations. Analysis of the weather series shows that summers 1781 and 1782 were the warmest summers according to the values observed up to 1825, while between 1783 and 1790 we clearly detected sudden variations in minimum temperatures with remarkable positive anomalies, for example, between May and June 1784 or during the exceptional heat of autumn 1785. During these years, the torrential rains from September 1783 to March 1784 generated by the interaction between climatic phenomena and the effect of the eruptions of Laki and Vesuvius were also notable.It is during the last phase of the Maldá Oscillation, with the confluence of the El Niño episode in the 1790s, that a change in the trend of environmental variables is clearly detected in Barcelona. Between 1793 and 1795, temperatures increased sharply (especially between October 1973 and July 1794), coinciding with excessive rainfall (detected from March 1793 to 1796) alternating with periods of shortage and drought (such as August to October 1793 or February to April and July to November 1794) interrupted by heavy rainfall in May and June.From 1800 onwards, there were years characterized by extreme drought and alternating with occasional rains. It is hypothesized that they may have altered urban environmental conditions such as those of November 1802 or June 1803. This phase was followed by a drought sequence until 1804, which in turn alternated with cool winters and summers such as those of February or July 1803 and with an increase in temperatures in May and November 1804. Our approach aims to show how these thermal and hydrometeorological fluctuations have led to changes in the development cycles of vector-borne diseases such as malaria and facilitated the rooting of diseases such as yellow fever.