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Les manifestes artistiques : archéologie d’un genre, de Jacques Louis David à Gustave Courbet.

Audrey Ziane

Les manifestes artistiques : archéologie d’un genre, de Jacques Louis David à Gustave Courbet.

Thèse de Doctorat en Histoire de l’Art

Sous la direction de Rossella Froissart

Soutenue le 5 décembre 2019 à Institut National d'histoire de l'artINHA2, Rue Vivienne75002 Paris à définir

Membres du jury :

Composé de Mme FROISSART Rossella Professeur des Universités, Mme THERENTY Marie-Eve Professeur des Universités, M. BONNET Alain Professeur des Universités, M. CHEVREFILS DESBIOLLES YVES Responsable des fonds artistiques à l’Institut Mémoires de l’édition contemporaine (IMEC), M. WAT PIERRE Professeur des Universités.

Mots clés : Manifestes artistiques, analyse du discours, presse et revue, écrits critiques d'art, Avant-gardes,

Résumé :

« Hurle Hurle Hurle » écrivait inlassablement Tristan Tzara dans l’un de ses manifestes de 1918. La lettre, le cri en tant que manifestation de l’être au monde, l’écrit en tant que création d’une résonnance intérieure. Ces deux versants, sans cesse entre intimité et altérité, constituent les fondements des manifestes d’artistes, incarnation d’une publication portée tant par l’urgence que par la stratégie de sa diffusion. Un texte qui échappe à son auteur dès lors qu’il est publié : oublié, mythifié, institutionnalisé, réactivé, la fortune critique des manifestes dépend de l’air de temps, des crises, des combats. Le manifeste artistique résiste au processus définitionnel. Si nous avons coutume d’associer celui-ci aux premières avant-gardes dites historiques, nous en faisons un texte de la rupture inhérent au XXe siècle. Or, face aux dernières études et anthologies sur ce thème, il paraissait opportun de se pencher sur l’origine du genre afin de comprendre le processus d’émergence, d’intentionnalité et de réception de ces écrits manifestaires dès la première moitié du XIXe siècle. Cette thèse vise un double objectif : à la fois prospection archéologique dans le champ des revues de la première moitié du XIXe siècle ( Le Journal des artistes, La Liberté journal des Arts, La renaissance littéraire et artistique ; L’Artiste, La Revue Réaliste, Le Mercure du XIXe etc…), elle offre également une reconstitution de l’histoire des manifestes artistiques en suivent étroitement les ordonnances et décrets qui jalonnent l’histoire de la liberté de la presse mais aussi au rythme des expositions au Salon, enjeu de polémiques et de guerres discursives.

Keywords : Critique d'art, Artistic manifestos, Press and media, Avant-garde,

Abstract :

« Hurle Hurle Hurle Hurle » wrote Tristan Tzara tirelessly in one of his 1918 manifestos. The letter, the cry as a manifestation of being to the world, writes it as a creation of inner resonance. These two sides, constantly between intimacy and otherness, constitute the foundations of artists’ manifestos, the embodiment of a publication driven both by urgency and by the strategy of its dissemination. A text that escapes its author once it is published: forgotten, mythologized, institutionalized, reactivated, the critical fortune of the manifestos depends on the air of time, crises, fights. The artistic manifesto resists the definitional process. If we are accustomed to associating it with the first so-called historical avant-gardes, we make it a text of the rupture inherent in the 20th century. However, in view of the latest studies and anthologies on this theme, it seemed appropriate to examine the origin of gender in order to understand the process of emergence, intentionality and reception of these manifesto writings from the first half of the 19th century. This thesis has a double objective: both archaeological prospection in the field of reviews of the first half of the 19th century (Le Journal des artistes, La Liberté journal des Arts, La renaissance littéraire et artistique; L’Artiste, La Revue Réaliste, Le Mercure du XIXe etc.), it also offers a reconstruction of the history of artistic manifestos by closely following the ordinances and decrees that mark the history of press freedom but also at the same time as exhibitions at the Salon, a challenge of polemics and discursive wars. David, Vernet, Girodet, Regnault, Farcy, Didron, Jeanron, Borel, Duranty, Champfleury, Courbet were able to infuse the manifesto with a polemical value – reactionary or libertarian, right or left – that adept at an academic art or advocating social and revolutionary changes. Declarations and proclamations – programmes, professions of faith, newsletters, appeals, epigraphs – rub shoulders with polemics and open letters, articles of opinion, criticism and editorials; all these « objects-witnesses » of a press literature that contribute to the transformation of the original function of the manifesto into texts whose striking power we know today. Critics and artists « throwers » of manifestos will use the same weapons by using the magazine as a place for ideological struggle. Through an archaeological reconstruction within the « review » material, from Jacques Louis David to Gustave Courbet, combining art history and literature, press history and media practices, it is the historiography of art history and the idea of « rupture » that we must question and confront these cries and writings of artists.