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Les maîtres de forges luxembourgeois, entre les débuts difficiles de l’UEBL et le Locarno sidérurgique des cartels internationaux 1918-1929

Charles Barthel

Les maîtres de forges luxembourgeois, entre les débuts difficiles de l’UEBL et le Locarno sidérurgique des cartels internationaux 1918-1929

Thèse de Doctorat en Histoire et humanités

Sous la direction de Philippe Mioche

Soutenue le 23 juin 2004 à AMU

Mention : Très honorable avec félicitations

Mots clés : Sidérurgie, Luxembourg

Résumé :

Fondée sur les archives exceptionnellement riches du groupe Arbed, la thèse met en relief les actions et réactions des maîtres de forges du Luxembourg face à l’environnement industriel, commercial et diplomatique changeant de l’Europe des annéez 1920. Comment les patrons d’un petit pays peuvent-ils résister au poids écrasant exercé par leurs puissants voisins ? Depuis l’armistice de Rethondes juqu’à l’expiration du régime quinquennal des contraintes économiques décrétées à Versailles, leur latitude fort restreinte les oblige à s’accommoder des impérialismes français et belge, qu’ils montent toutefois habilement les uns contre les autres pour retirer leur épingle du jeu. Grâce au soutien du gouvernement national qu’ils dominent de bout en bout, ils s’appuient sur le droit international découlant du traité de l' »Union Economique Belgo-Luxembourgeoise » (UEBL) pour mener un éprouvant combat contre les confrères wallons gratifiés de tarifs ferroviaires préférentiels que Bruxelles leur refuse. Le litige s’essouffle finalement dans la foulée des bouleversements intervenus à partir de 1925, quand l’Allemagne récupère sa souveraineté douanière. Une Europe plus équilibrée, le rapprochement germano-luxembourgeois (notamment dans la question sarroise), ainsi que la « privatisation » des politiques économiques par suite de la formation de l' »Entente Internationale de l’Acier » et de la « European Rail Makers Association », permettent à Emile Mayrisch de trouver sa place dans le Locarno sidérurgique. En même temps, le reflux des capitaux français investis au Luxembourg – il va de pair avec une intervention croissante de la plus grosse banque d’affaires belge, la SGB – ouvre la voie à une collaboration renforcée entre les aciéries du Royaume et du Grand-Duché unies dans leur commune défense des accès aux marchés d’exportation contre les fabricants de la Ruhr et de l’Hexagone. Il s’ensuit une normalisation des relations bilatérales qui rend aux Luxembourgeois une plus large autonomie.