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Femmes, violence(s) et société, face au tribunal de la sénéchaussée de Marseille (1750-1789).

Christophe Regina

Femmes, violence(s) et société, face au tribunal de la sénéchaussée de Marseille (1750-1789).

Thèse de Doctorat en Histoire et humanités

Sous la direction de Martine Lapied et de Gilbert Buti

Soutenue le 15 juin 2012 à AMU

Membres du jury :

Mme Martine LAPIED (Université de Provence, UMR TELEMME), M. Gilbert BUTI (Université de Provence, UMR TELEMME), Mme Arlette FARGE ( Présidente du jury, Directrice de recherche au CNRS- EHESS), Mme Simona CERUTTI (Directrice d’études à l’EHESS), et de M. Jacques GUILHAUMOU (Directeur de recherches au CNRS, UMR TRIANGLE/TELEMME).

Mention : Très honorable avec félicitations

Mots clés : Histoire des femmes, histoire de la violence, histoire du droit d'Ancien Régime, sociabilité urbaine, Ancien Régime

Résumé :

La conflictualité féminine sous l’Ancien Régime demeure à l’heure actuelle un vaste champ d’analyse, relativement peu investi par les chercheurs. En effet, les travaux consacrés aux violences féminines sont particulièrement sensibles aux violences dont les femmes font l’objet au détriment d’une reconnaissance à ces dernières du libre exercice de la violence. Les femmes sont ipso facto associées aux victimes et rarement aux actrices de cette conflictualité.

Au-delà, il s’agira d’étudier de façon plus générale ces femmes violentes, mais également les témoins qui constituent, par leurs dépositions, l’un des moteurs de la connaissance de ces femmes. Mais nos travaux sur les femmes ne sauraient évacuer, loin de là, le reste de la société d’Ancien Régime, et en premier lieu les hommes, cela va sans dire. Travailler sur les femmes violentes, c’est de fait étudier les gens de Marseille qui, dans l’obédience des procédures judiciaires mises en marche par les violences féminines, retrouvent une histoire, qui se donne enfin à voir à l’Histoire. Dès lors, la justice devient un instrument de connaissance et d’étude des catégories populaires marseillaises, considérées au travers de l’autre prisme, non plus uniquement celui des hommes, mais aussi celui des femmes.

Les violences féminines révélées et exacerbées par la Révolution Française notamment, temps catalyseur des mécontentements mais aussi des nouveautés, se donnent, à ce moment de l’Histoire, à voir, à lire et à entendre, mais sous couvert de l’extraordinaire, voire de l’hapax. Cette violence révélée par la Révolution Française n’est pourtant pas exceptionnelle, mais relève bien plutôt d’une réalité sociale de premier ordre, et pourtant loin d’être flagrante sous la plume des historiens. Cette réflexion sur la conflictualité féminine nous a conduit à envisager plus en avant sur cette réalité sociale.

Abstract :

“Female conflictuality during the Ancien Regime » still remains a vast field of study scarcely investigated by researchers. Indeed, works dedicated to female violence mostly envision women’s free exercise of violence notwithstanding. Women are subsequently depicted as victims and rarely as actresses of this conflictuality.

Moreover, my aim of my research is to trace records of these violent women but also of their witnesses who, through their declarations, offer a way to gain knowledge about these women. But our work on women mustn’t eleminate men. It goes without saying, thaht men ought to be taken into account too. Working on violent women amounts to studying Marseillean inhabitants who, through legal procedures regarding female violences, partake in their history, which finally becomes part of History. Consequently, justice becomes an instrument of knowledge (and study) of Marseillean working class, in a different light, that is not only through men’s eyes but also though women’s.

Female violence, revealed and particularly exacerbated by the French revolution , a period of great dissatisfaction but also of great innovations, was often seen at this time as extraordinary, even as a legomenon. Yet this violence, accentuated by the French Revolution, is not exceptional but depicts an important social reality, which was not (at that time) obvious to historians. This reflection on female conflictuality has led us to explore this social reality more deeply.