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Les agrandissements d’Aix et de Marseille (1646-1789). Droits,espaces et fabrique urbaine à l’époque moderne.

Julien Puget

Les agrandissements d’Aix et de Marseille (1646-1789). Droits,espaces et fabrique urbaine à l’époque moderne.

Thèse de Doctorat en Histoire et humanités

Sous la direction de Brigitte Marin et de Jean-Louis Mestre

Soutenue le 7 mars 2015 à MMSH5 rue du chateau de l'horloge Salle DUBY

Membres du jury :

Composé de Mme BACKOUCHE Isabelle Directrice d’études, M. CARVAIS Robert Directeur de Recherche, Mme MARIN Brigitte Professeur des Universités, M. MESTRE Jean-Louis Professeur des Universités, M. CHAUVARD Jean-François Maître de Conférences.

Mention : Très honorable avec félicitations

Mots clés : Histoire moderne, Histoire urbaine, Histoire de Marseille, Histoire du droit, Histoire d'Aix,

Résumé :

Mon travail de thèse porte sur les processus de croissance des villes et de fabrique de l’espace urbain à l’époque moderne.
À partir de deux exemples d’agrandissement, de deux créations de quartier, cette recherche vise à comprendre les modalités concrètes de production de l’espace urbain sous l’Ancien Régime, à la fois au plan humain et matériel. Mon terrain se compose de deux expériences de ce type : d’une part la création du quartier Mazarin d’Aix en 1646, d’autre part l’extension qu’a connu Marseille en 1666.
Cette réflexion s’appuie sur trois questionnements principaux, qui constituent autant de moments clés — et d’échelles d’analyse — venant rythmer les opérations d’embellissements de ce type.

Cette étude débute au ras du sol, à l’échelle la plus fine de la matérialité urbaine, à savoir le parcellaire. À partir d’une réflexion croisée autour des droits du sols et du marche de l’immobilier, l’enjeu ici est de mieux comprendre le poids des structures et des mécanismes juridiques dans les processus de fabrique de la ville. Par une réflexion centrée autour des formes contractuelles de l’échange privilégiées dans les deux opérations d’agrandissement, l’objectif est de dégager les implications socioéconomiques des usages juridiques du sol. Plus globalement, ce sont les motivations individuelles et collectives qui sont observées, et les manières d’habiter et l’usage que faisaient les individus de leur patrimoine.

Changeant d’échelle d’analyse, un ensemble d’interrogations liées au domaine de l’économie du bâtiment permet de mettre en évidence les modalités qui entourent les chantiers de la construction tant au niveau humain que matériel. Le but ici est à la fois de dégager les règles cadrant l’activité constructive, et de déterminer les contours de la pratique des individus dans ce domaine. Cet axe induit une réflexion autour de la structuration à la fin du XVIIe siècle d’un ordre public constructif.

Enfin, cette recherche aborde dans un troisième temps l’espace urbain dans son ensemble le plus vaste, à la fois sur le plan matériel et administratif. À partir des cadres politiques et institutionnels sollicités et déployés pour mener à bien ces opérations, c’est la question de l’intégration et de la gestion de ces nouveaux espaces qui m’intéresse. Il apparaît alors que les processus de fabrique de la ville au XVIIe siècle ont constitué un puissant ressort dans l’émergence et la structuration au siècle suivant de dispositifs administratifs de gestion de l’ordre public urbain. Il s’agit ici de voir dans quelle mesure la production spatiale a servi de matrice aux dispositifs policiers du siècle des Lumières.

En questionnant ainsi les sources produites par l’ensemble des acteurs mobilisés dans la transformation des villes aux temps modernes, et ce par un jeu permanent entre les échelles d’observation, cette recherche est également l’occasion de produire une réflexion sur l’objet urbain à cette époque, et sur sa perception par les contemporains.

Keywords : history of law, Urban history, early modern history,